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Arezki
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Le déraciné le 29/04/2018 à 22h29

1- Mouloud en France



   Une année d'émigration bouleversante imprégna Mouloud d'une rigueur dans ses démarches et ses comportements. Ce samedi, il devait de se rendre à un ami de son père qui lui avait promis monts et merveilles, il ne chercha pas longtemps les repères étaient les cafés-bar et au bout du troisième il croisa une connaissance du village qui le mena directement à cet ami, tant discrètement, investigué.


  Les salutations d'usages terminés, Mouloud observa un instant de silence qu'il transforma en un enchaînement de questions les unes après les autres sans donner le temps de réponse à son interlocuteur, tellement la soif de tout savoir en même d'un seul coup le tenaillait. — Cher fils de mon intime ami, nous passerons d'abord au restaurant afin de nous donner des forces et puis je serai à toi tout le restant de la journée.


Les repas servis dans une lenteur gênant le jeune invité, un silence glacial refroidissait une rencontre qui devait être conviviale et animée. Quand da Amara, le nom que portait l’ami du père régla la note sous l'œil vif du jeune homme, il le fixa du regard et lui dit : ya Mouloud, la vie d'émigré est difficile, tu dois préparer tes bras de façon à travailler plus, il te faut chercher un autre boulot, sinon tu pourras éventuellement vivre bien ! mais tu ne rembourseras jamais les dettes de ton père.


Mouloud de nature calme commençait à rougir, l'adrénaline lui remontait le plus haut possible, la tête bouillonnait. La maîtrise des montagnards pendant, ces moments stressent, à son summum, lui dictait d'abord le respect du plus âgé, à plus forte raison, ami de père et il était en terrain glissant.


Quand da Amara tendit sa main à celle du compagnon de façon à la mieux serrer, se séparer et lui souhaiter bon courage. Mouloud laissa apparaître un léger frémissement puis se ressaisit et serra fortement l’autre main en murmurant d’entreprendre une revanche sur la misère, quitte à la rechercher sur le terrain de l’interdiction.


Son géniteur n’avait jamais parlé de crédit contracté., il n’en faisait pas part de ses misères à ses proches. Une conduite de sage qui ne partageait que les bonnes manières dans les relations entre les gens.


Cet affront qu’il n’arrivait pas à digérer lui servira de leçon à la base de ses futures relations. C'était-il vraiment un affront ? Quand on demande un remboursement d’une dette contractée par son père?


Mouloud décida d'évacuer ce problème dans l'immédiat, mais de le soustraire de son temps afin de l'étudier dans tous ses angles.


Le retour était long et difficile, un trajet sinueux de problèmes d’avenir, il cherchait une issue plausible de sortie la moins coûteuse, il réfléchissait et continuait à produire les meilleurs pensées des heures durant.


Le retour non pas de chez l’ami du père dont il effaçait complètement l'entrevue de sa tête, mais cette nouvelle rencontre hasardeuse suggérée par un voisin de son oncle.


Ce jeune mitoyen plus poli que la politesse par des saluts et de larges sourires à chaque fois qu’ils se croisaient lui proposa de venir habitait chez eux dans un autre quartier plus vivant, quant au reste il n’avait pas à s’en soucier.


Logé, nourri et sans problèmes jusqu'à trouver un travail décent et très bien rémunéré.


Faire part à son oncle de cette circonstance porteuse de bonheur, de liberté d’action dont il rêvait depuis des lunes, une autonomie qui mettrait le jeune au rang d’adultes accomplis.


Le oui et le non, n’arrivaient pas à se départir de sa personnalité controversée par ses événements successifs et pas du tout homogènes, les fils conducteurs commençaient à s'entremêler, les neurones à s’échauffer.


Mouloud, après une nuit cauchemardesque opta à plus d’autonomie et donc de gîter chez un ami précédemment voisin de son oncle, prénommé Salah. Un réveil difficile, siroter un café avec son parent logeur, lui annoncer qu’il prendrait ses ailes le compressait jusqu'à lui donner des maux de tête, une migraine qu’il ne connaissait pas lui fait sourciliers de façon involontaire certains points de son front.


Ce jeune avait quelque chose d'ambigu dans le système nerveux, quand il décidait d’une action en contradiction avec ses proches, il se gonflait la face laissant entrevoir un semblant d'agressivité puis sortait de ses gangs. Dans cette situation, ses résolutions étaient irréversibles. Il se disait qu’il ne dirait rien avant de finir le déjeuner.


— Cher oncle, plusieurs options se présentaient à moi en ce qui concerne mon avenir d'émigré, il avala profondément sa salive.


— J’ai décidais de me loger ailleurs, la cause est d'abord te soulager de ma charge ensuite, je choisirais l’une des voies dont je réfléchissais depuis un certain. Il s’agissait de courir l’argent et de fonder un foyer ici avec une Française, voilà ! Tu es informé de toutes les intentions et elles sont irréversibles, les quelques mois de vie ici m’ont fait à agir.


L’oncle n’en finissait d’observer d’un œil malin cette production humaine de la famille, il le fixa longuement à l’effet d’une observation ou d’une lecture de ce comportement nouveau et subite, ramassa son aura facial de sa main comme si on essuyer une sueur froide, il pointa nerveusement son doigt à hauteur de sa poitrine et lui balança un


— Tu es libre à partir de cet instant, je te conseille quand même de vivre en homme valorisant de notre tribu.


Mouloud sentit agréablement ce geste libérateur de son oncle.


Il plia ses bagages et sortit de l'exigu studio à pas feutrés.


Il déambulait de quartier en quartier mettant plus temps à rejoindre son gîte dans un studio f2 que lui avait promis Salah, ils paieront le loyer ensemble, formule courante chez ses concitoyens.


Quand il frappa à la porte, un silence s'était ensuivi d’un glissement de claquettes, d’un bruit de serrure, à peine ouverte, il s’engouffra à l'intérieur comme un familier. Il déposa ses affaires dans un coin, inspira profondément et serra la main de son futur colocataire.


Salah courtois, lui désigna une chaise, le mis à l’aise lui présenta une photo de son arrivée à Paris ne sachant pas ni se tenir debout ni bien s'asseoir sur la chaise. Mouloud était rentré dans le moule parisien aussi vite que le train de marchandises le ramenant de Marseille.


Ce soir-là, il s’allongeait sur le lit et prit tout son temps à cafarder jusqu’au matin d’un destin qu’il aurait voulu construire de ses mains.



2 - Mohand, père de Mouloud au village


Mohand manquait cruellement des nouvelles de son fils. Depuis les six mois d’absence, l’anxiété commençait à l’envahir au fur et à mesure que les jours passaient. Il pensait au conflit avec son frère qui pourrait influer sur son comportement vis-à-vis de sa progéniture. Il s’était remis à la conscience de la solidarité villageoise et que Dieu guidera son frère vers le bon chemin.


D’autres préoccupations comme le jardinage et l'entretien de son champ prirent totalement son temps. Il se rappelait de temps à autre qu’il avait un enfant et une fille à la maison, sa mère qui prenait soin d’eux au moindre détail n’était plus de ce monde depuis presque une année. La cause de sa défaillance venait de la décharge de tous les problèmes sur la vieille qui pensait à tout même à Mohand qu’elle croyait protéger encore à son âge.


Sa femme Fatima reprenait les charges de sa belle-mère, du jardinage au puisage de l’eau qu’elle transportait la grande cruche sur sa tête et avec ses mains les deux autres plus petites. Fatima une belle femme choisie par sa belle-mère ne décevait jamais Mohand, obéissante, adroite et talentueuse, elle était respectée de tous. Son cœur n'arrêtait pas de se chagriner sur son fils, un aîné câliné, loin de ses yeux, elle le pleurait souvent quand elle se trouvait toute seule.


Fatima partageait le souci majeur de son mari concernant le miracle de la clôture qui faisait une coudée d’épaisseur et qui lui semblait se déplacer et par là, rétrécir la surface de son champ. Quand il observait sa parcelle, il le faisait presque tous les matins, des idées malfaisantes lui remontaient à la tête, s’agit-il d’un déplacement d’une telle épaisseur construite de grandes pierres et de terre ou bien d’un phénomène illusionniste.


Mais cette clôture avait bougé, se disait-il ?


De retour à la maison, il rencontra un doyen du village connu par ses intrigues avant de s’assagir par le nombre d'années et la peur de répondre de ses actes devant Dieu.


Da Ali ! Lui cria Mohand, il était sourd d’oreilles. Il se rapprocha et lui fit une tape à l'épaule.


— Écoute da Ali, la clôture de mon champ me semblait se déplacer


grignotant des empans de ma terre.


Est-ce que c’est vrai ou bien je cauchemarde ?


— Non mon fils, si tu veux t’en assurer, il faut surveiller le mouillage de la terre sur laquelle avait été posée ta clôture, je ne continuerais pas à te parler avant de me rendre la réponse. La magie de l’eau du puits du voisin faisait des siennes, se disait-il intérieurement.


Obsédait par deux passions, la préservation de la surface au millimètre de son champ et l’amour des  animaux, certains par humanisme d’autres comme gibiers, un plaisir de la panse.


Quand, il faisait le tour de la propriété, il repérait tous les détails délimitant en comptant même les brindilles d’herbe ou de broussaille. Il passait plus de temps sur la clôture que le voisin convoité à chacune de ses tournées.


Située en contrebas du sien et légèrement en pente, l’eau de pluie pouvait le faire glisser.


Ce n’était pas de ses habitudes, mais aujourd’hui, le chemin de la djemàa, lieu de rencontre des grabataires sera sa destination, question de s’informer ce que disaient les voisins de la vie en commun. Ils épluchaient tous les litiges, les bonnes et les mauvaises nouvelles avec souvent des commentaires fâcheux. Mouloud guettait sournoisement une métaphore concernant les émigrés.


Il chercherait à débusquer des positions discréditant son fils et par là, sa famille. Les vieux jonglaient des jeux de mots, leurs spécialités favorites étaient de se moquer ou rire des faits relatés, mais les plus âgés, sages de surcroît, mesuraient l’importance de chaque sortie de la bouche.


Ils répétaient sans cesse qu’il faut tourner la langue sept fois afin de parler, ils disaient aussi que la blessure par un objet contondant se creuse et guérit, mais une parole blessante creuse et continue de creuser.


Ça lui arrivait de se lasser de phrases sans intérêt, il se décrochait pour se rendre à la maison avec détour et satisfaire sa curiosité des changements probables réalisés par les habitants en matière de construction et d'aménagement de leur environnement. Il en rêvait et plus encore depuis le départ de son fils dont il espérait recevoir les dividendes afin de construire la meilleure demeure du village. Sortir de ses rêves le plongerait dans des difficultés inextricables, le mur qui glisse la nuit, le fils hors du toit familial et le besoin essentiel de vie manquait cruellement.


Quand la porte s'ouvrait devant lui, sa fille Zahra sauta sur ses bras, l’embrassa longuement sur toutes les parties du visage entrecoupé de questionnement


— d’où tu viens ?


— qu’as-tu ramené ?


Le père soucieux, leva la petite sur ses épaules se plia et se plaça à la mesure de la hauteur d’entrée et, il glissa à l'intérieur de la maison. Il rejoignit sa place habituelle non loin du canoun. Fatima avait suivi le manège et la forte satisfaction de Zahra qu’elle partagea de son for intérieur, alors qu’elle avait, elle aussi, Said le petit dernier sur le dos.


Les gens, parlent-ils de notre fils à la demaa lança-t-elle anxieusement ?


— Les gens n’ont cure de ton fils, ils citent que ce qui ont rencontré des problèmes, si notre fils n’a pas été cité, c’est qu’il s’en sortait du moins pour le moment. Femme de bonne famille, il va falloir que notre cousin nous écrive une lettre afin de savoir de ses nouvelles et nous transmettrons les nôtres. Nous devrions profiter de son séjour chez ses grands-parents avant son retour à Alger.


Ah ! quelle chance d’habiter Alger et surtout l'accession à l’école pour ses enfants rumina Fatima. Mohand répondit nonchalamment qu’il faudrait essentiellement posséder de l’argent et pouvoir suivre un cursus scolaire. Je ne parle ni de nous ni des enfants sur la scolarité, mon souhait va vers mes petits enfants et leur postérité ajouta Fatima. Contentant nous en ce moment de ton cousin, je l’inviterais demain au déjeuner et à l’écriture de la lettre, alors, n'oublie pas ta présence à l’heure prépare toi à trouver les mots justes.


Allons dîner cher mari notre part viendra un jour.





3 - Mouloud travaille


Mouloud semblait intégré au sein de l’équipe dans ce petit garage de lavage graissage de voiture en banlieue parisienne. Salah l’avait présenté au patron comme l’un de ses cousins et son seul handicap était la langue. Son ami ne manqua pas à cet autre devoir du savoir, il orienta vers une institution de cours accéléré pour adultes à la grande satisfaction de Mouloud. Il jubilait d’avoir un travail, très bien rémunéré à ses yeux et fréquenter l’école dont il était privé, malgré sa passion à l’apprentissage.


Les karchers, les mesures d’huile et autres maniements indispensables à l’entretien d’un véhicule ne lui étaient plus étrangers depuis la fin de la période d'essai, il était épaulé par ses collègues avec qui il rentrait en symbiose. C’était avec ses artifices de jeune jovial qu’il utilisait chaque mot rencontré au hasard d’un dialogue de ses camarades avec les clients. Il les reproduisit d’une façon correcte qu’il étonnait ses copains de travail, il lui restait à connaître les travers de ce parler que d’aucuns trouvaient très compliqué.


Le retour au bercail à la fin du boulot l’amusait par l'itinéraire à chaque fois changé, il appréciait les découvertes des sites de grande masse de bétons que ses amis appelés les bâtiments, son village en était dépourvu, il appréciait aussi des champs de fleurs bien entretenus par un jardinier qu’il croisait tous matins. Au départ, il pensait à la parcelle de ses parents, mais il s’en écarta facilement, il se disait définitivement affranchi de ce genre de peine sans contre-valeur.


Ce soir Salah, lui proposa une sortie nocturne et voir ainsi le ciel étoilé de cette belle ville tant citée dans son patelin, pas que citer, mais adorée par sa vue magnifique et fascinante du boulevard des Champs Élysées. Ébloui par ses façades lumineuses bien coloriées, Mouloud se rappelait de l'existence d’une tour en fer rapportait au village par un ancien parisien, la voir serait compter un indice de connaissance de paris. Enfin sortant d’abord de cette chambre puis le choix se fera de lui-même puisque son ami aimait façonner des rêves à ses compagnons.


À peine les premiers pas amorcés, Mouloud remarquait un grand nombre de grandes dames scintillantes de respect, toutes libres de leur mouvement, des jeunes filles de son âge sautillait de leur corps leste avec des rires porteurs de bien-être, et bien entendu, des messieurs fringants conversaient à voix douce avec leurs femmes et leurs enfants. C’était féerique et paradisiaque pour un jeune homme venu de nulle part pour ne pas citer la montagne de Kabylie où les règles sociétales sur la conduite de chacun étaient strictement codifiées par les comités de village et des aarchs.


Une soirée de repérage pour l’un et de promenade pour l’autre se termina tard pour le couche-tôt qui était Mouloud, mais il ne se rendait compte de la rapidité de l’aiguillon de sa montre qui dépassa largement minuit. Ils rentrèrent comblés de bonheur et jurèrent de refaire cette escapade la plus nombreuse fois que ce sera possible.


Sur le chemin du retour, Mouloud rentrait dans son virtuel projet de fonder un foyer en France, une belle-fille, un appartement et beaucoup d’argent, un peu l’image d’un conte de sa grand-mère quand, il était petit, ou bien un exemple vivant d’un voisin de palier qui lui remplissait les yeux et la tête à chaque fois qu’ils se croisaient sans se saluer, bien entendu. L’esprit hautain et l’ignorance des autres face à sa personne modeste illettrée, débarquée de quelque part dans le monde ou la personnalité n'était pas entièrement reconnue comme une personne complète. N'était ce handicap, il ne saurait comme même ne pas singer une telle position sociale. Le palier de ce modeste gîte lui rappela gravement les sentiers à parcourir.


Pendant une semaine, notre ami mena son train-train de vie “boulot dodo boulot”. L'espoir ne mourait jamais dans les cœurs de cette catégorie de jeunes montagnards, habitués à l’activité pénible, sans rechigner, de plus, la résistance aux aléas de tous les jours était l’attribut quotidien dans son pays natal.


La première résolution salutaire prise ce matin avant d’aller au garage était de s’inscrire à l'école du soir à partir de demain mardi, si Salah voulait bien lui montrer le lieu et l’accompagner, lui aussi avait fréquenté cette école comme apprenant, d’ailleurs grâce à ces cours, il se sentait plus intégrer dans la société du pays d’accueil.


Son exemple suivi par quelques ambitieux qui finissaient toujours en travailleurs mieux rémunérés et reconnus comme indigènes affranchis.


Ce soir de lumière, franchir le pas-de-porte d'une salle de cours donna des frissons, tellement l'émotion était grande et envahissante, il avait honte de son âge, mais pas que, comment articuler les mots, les comprendre, un apprentissage qui semblait le dépasser, sa ténacité aura certainement raison de son complexe qu’il aurait la tâche de combattre à chaque fois que l’obscurité envahissait ses centres de décision.


La France d'antan n'était pas multicolore comme celle de nos jours, seuls quelques Africains qui avait fait la guerre mondiale contre le nazisme et des Italiens et Portugais difficilement détectables comme étrangers au pays d'accueil, la phonétique était la même. Analphabètes déracinés, ils rasaient les murs pendant leurs déplacements, seuls les “oui missiou, boujor missiou, merci missiou “ étaient les maîtres mots utilisés pour la communication, tout le reste était manuellement transmis par les anciens.


Mouloud se rappelait de syllabes cassées et africanisées de la langue usitée au village par ceux qui avaient fait la guerre ou avaient travaillé dans les casernes afin de creuser des abris ou construire des remparts, pourtant ce genre de travaux ne donnait nullement le temps d’écouter ni la disponibilité de l'apprenant.


Il jura de s'acquérir les moyens de maîtriser cet outil à n’importe quel sacrifice, il mettra de son côté l’assiduité nécessaire à ce genre d'entreprise dont il savait que seule la volonté à toute épreuve pourrait aboutir à un résultat probant.


Dans la salle de cours, Mouloud dépassa ses aliénations, dressa ses réceptifs et se retrouva après une heure dans de bonnes dispositions mentales grâce à sa facilité d’adaptation et surtout les compétences pédagogiques de l’enseignant.



4 - Mohand au champ


Lors d'une visite nocturne qu’il faisait de temps à autre, Mohand se trouva dans son terrain majestueusement éclairé par les étoiles, la lune commençait à s'éclipser, au bout d’un moment cherchant à situer le bruit aigu coulant d’un seau qu’il entendait sur le côté haut de son champ, en se rapprochant un peu, il apercevait la silhouette entre les rayons de lumière. C’était son voisin en train de verser de l'eau sur le mur de délimitation. Il pensait plus avoir à faire un fantôme qu’à une personne humaine.


Prendre un bâton et lui casser les côtes ou une grosse pierre sur la tête, une lutte implacable entre la raison, la sérénité et son caractère agressif s’engagèrent de façon désordonnée à qui prendrait la main, sa tête s'échauffait, son corps frissonnait, il s’appuya sur le tronc de l’olivier fixa un bon moment le ciel et pria Dieu de l’orienter vers la voie idoine pendant ce moment éprouvant, qui pouvait mettre fin à sa paisible vie de villageois paisible et sans reproche.


Il s'essuya le visage en sueur froide et prit la direction inverse du mur litigieux tout en implorant le Très-Haut de lui venir en aide. À quelques mètres de son champ, un apaisement commençait à le pénétrer venant d’une vague d’air rafraîchissante qui assécha un peu son visage. La raison prit le dessus à la satisfaction des fées protectrices de ses arbres qui parait elles habitaient sa propriété. Il mettra le problème sur la table de la djemâa chargée des différends entre les villageois. La djemàa, assemblée de sages du village, aura cet inextricable litige à trancher et qui n’avait jamais été traité auparavant.


Une nuit troublée par ce dépassement du voisin, Mohand jura intérieurement sur la vie de ses enfants que la djemâa ne réglerait pas le conflit en sa faveur, il en ferait un massacre se disait-il. La nuit plus longue que d’habitude le rendit malade.


Le lendemain, ses enfants et sa femme ne comprenaient pas cette humeur exprimée par un comportement bizarre ou seuls les demi-mots sortaient de sa bouche avec des phrases incomplètes. Le café du matin servi de façon artistique par les mains adroites de Fatima qui avait mis ses beaux habits à l’occasion de l’avenue de l’écrivain, Amar ne lui permit pas d'atténuer sa douleur, il ne voyait défiler devant ses yeux que le voisin tricheur dans sa besogne de malfaisance.


L’arrivée d’Amar créa un cafouillage dans la manière de le recevoir. Les salutations d’usage terminées, il était invité à s’asseoir sur un pouf réservé aux invités. Il inspecta furtivement la maison dans ses moindres recoins, Fatima et Mohand s'asseyaient en face de lui, puis il commença à transcrire les meilleurs mots sur une feuille blanche, qu’il avait sortis de l'enveloppe enfouie dans sa poche. L’espoir de Fatima était d’accompagner la lettre, des odeurs et des couleurs que portait la maîtresse de maison.


Fatima débita la première les paroles suppliant Amar de demeurer le plus fidèlement possible dans la transmission de ses dires et d’accoupler leurs sentiments profonds aux écrits que lira leur fils. L’éloignement et la séparation sont les facteurs de fracture des familles souffla-t-elle à son mari qui lui tendit l’oreille.


— Qu’avez-vous à dire à votre fils ? Je suis prés lança Amar.


Cher fils, cher fils, cher fils trois fois, c’est ta mère qui te parle à côté de ton père. Nous remercions le cousin Amar pour l’écriture de cette lettre.


Voilà cher fils ça fait six mois que je ne dors plus ne sachant si tu as mangé et comment tu passes tes nuits ? Maintenant ton père te demande une attention particulière à tes fréquentations et de rentrer tôt dans ta chambre.


Amar posa le stylo, Fatima sanglotait en marmonnant des mots inaudibles, elle respirait mal, de sa poitrine lui remontait un liquide atrocement douloureux, elle saliva puis avala à gorge profonde le liquide et la salive avec l’eau de sa carafe à portée de main. Un soulagement se dessina sur ses apparences et fit signe à son mari de faire des siens pour mieux exprimer la situation en détresse qu’ils vivaient depuis quelque temps.


Mohand réfléchit longuement et consulta sa femme s’il devait l’informer   de l’incident de la clôture, Fatima refusait l’exportation de mauvaises nouvelles qui risqueraient de perturber Mouloud dans ses projets. Je te comprends femme de bonne famille, je te dis la vérité, je n’ai pas la faculté de m’exprimer aujourd’hui, je suis malade et angoissé. Amar sentit le malaise du couple, prit l’initiative d’ajouter des mots rassurants et des conseils, lui qui avait l’habitude pour ce genre de missives aux gens chers, loin des parents.


Dans la tête de Mohand courait en se croisant de très nombreuses questions qu’il aurait voulu poser à son fils, mais elles ne voulaient pas sortir encombrés par des soucis insolubles. Amar plia la feuille l’avait mise dans l'enveloppe, regarda le couple, déroula lentement un sourire pensif et articula de façon mécanique que le peu de bons mots contenu dans la lettre était suffisamment porteurs de nouvelles et qu’ils écriront plus la prochaine fois. Il déposa la lettre entre les mains de Mohand, se leva et partit avec l'impression d’accomplir un bienfait et celui de refuser un panier d'œuf offert en cette occasion.


Les enfants curieux d’entendre parler de leur grand frère, sans qu’il ne soit pas présent. Ils demandèrent plus d'éclaircissement sur ce manège et l’agacement des parents. Un mutisme complice du couple dura toute la journée où chacun vaquait à ses occupations quotidiennes sans vraiment donner du cœur à la tâche.



5 - La passion


Quand l’enseignant cliqua des mains pour annoncer la fin de séance, Mouloud sursauta de joie à l’idée d’appartenir à la catégorie de gens qui avançaient. Retenait-il un, deux ou trois mots nouveaux, il se prenait déjà pour un voyageur des cieux, la soif du savoir commençait à se ranger dans ses priorités. Entrer et sortir d’une salle de classe étaient et seront un privilège non partagé par le monde injuste.


Apprendre à lire et à écrire dans cette société d’accueil fera non seulement de l’homme un intégré, ce qui lui facilitera son quotidien, mais surtout, ils le mèneront à plus de lumière sur les chemins difficiles de la survie pour un colonisé, affamé et misérable.


Son père aurait voulu le placer à l’école des indigènes au bled, mais le prix des savates en caoutchouc dépassé ses moyens, les cahiers et livres n’était plus à sa portée. Il se résigna à laisser son fils se former berger chez les nantis, même garder chez lui quelques chèvres, une forme d’exploitation moins rentable n’était aussi accessible.


Le retour à la chambre sous la lumière des lampadaires délivra un tant soit peu de son emprise d’apprenant, il observa sa routine temporelle autrement, de belles vitrines illuminées, ornées de beaux habits, des vendeurs cravatés d’une gentillesse bienveillante, le client était roi et il le sera un jour.


Apprendre à lire, écrire et mourir était la devise du jeune, toute la nuit, il voyageait à travers les étoiles, le stylo d’une main et l’encrier de l’autre, il griffonnait dans la langue des fées autour des mots appris la veille.


Le réveil était pénible, Mouloud fit la toilette du matin, prit son déjeuner et claque ses vers le lavage graissage son emploi provisoire, il changera dès que ça serait possible d’abord pour plus rémunérateur puis afin de trouver un travail plus valorisant. “C’est comme ça qu’on devient chef” disait, l'illustre chanteur et poète, Ait Menguellet.


— L’ambiance, aujourd’hui, est détendue !


Clama Hocine son collègue de travail,


— ça se voit largement sur ton front, tu as trouvé une femme pour te marier


ou quoi ? a-t-il ajouté.


— Non ! Je suis sur une autre piste justement qui me mènera à trouver une


épouse de grande classe en tout point de vue, seulement, il faut d’abord que je me construise afin de me sentir de niveau.


Ainsi, Mouloud commençait à se dessiner les principales lignes de son projet quant à son venir. Soustraire de la misère ses parents, cette option attendrait le temps qu’il faudrait.


Depuis ce jour, Mouloud mettait beaucoup d’attention au langage des clients, de l’articulation à la phonétique, il les ruminait après le départ de l'usager et demandait quelques fois des éclaircissements à Hocine qui se faisait un plaisir de l’aider, mais aussi de se rehausser son statut d’anciens connaisseurs.


Quand, il termina sa journée, épuisait par le lot de nouvelles connaissances, en métier et en langue, le retour au gîte arrivait et il nécessitait un détour au marché pour s’approvisionner en légumes, viandes et des produits de toilette pour son nouveau style de vie. Et Salah se soulagerait des achats pour la semaine, mais pas de la contribution financière, car l’aide des nouveaux venus coulait encore de finir les six mois de besogne, des us de solidarité, coutume des villageois.


Cette solidarité agissante avec les leurs, permettait un épanouissement des bénéficiaires et constituait une dette morale vis-à-vis de la communauté de la contrée, il devrait à son tour épauler toute personne nécessiteuse du village.


Le temps passait vite, sept mois de boulot, cinq de cours accéléré, il devait quitter les loisirs qui lui prenait tous les week-ends dans les cafés à observer les jeux, notamment ceux des cartes et écouter les commentaires aussi farfelus les uns que les autres dans celui des dominos.


Une ambiance lassante finissait par le porter hors de ses savates, il décrochait pour un certain nombre d’heures et il se libéra ainsi de ce cocon communautaire qui lui rappelait les moments de disette.


Sur la rue le menant à son job, Mouloud, croisa une jeune femme dont il remarquait cette allure familière ou le préciser “du déjà vue”. En effet, il se rappeler de l’avoir croisé sans pour autant qu’elle attire son attention, mais cette fois-ci, ses instincts d’homme, lui faisait penser à fonder un foyer, comme il s’était promis dès son arrivée, il retourna pour cette circonstance vers l'arrière afin de donner corps à son imagination. Il continua son chemin totalement complexé par la stature et l’habit de la personne.


Ce soir en posant le pied droit sur la porte d’entrée de l’immeuble, il fut interpellé par la concierge toute souriante, elle lui tendit une enveloppe blanche et la blancheur était toujours un signe précurseur de bonne nouvelle. Il s'empressa de la décrypter sous d’autres formes que la lecture de l’envoyeur avait scribué sur le dos. Il rejoignit prestement la chambre, dans l’espoir de trouver Salah afin de lui lire le contenu avec si possible la traduction métaphorique qu’utilisaient les écrivains villageois.


Salah tourna moult fois l’épître, mis un peu de temps à déchiffrer la provenance à cause de l’écriture scribouillée, mais il finira par l’informer qu’elle venait de ses parents. Invitait à s'asseoir sur le bord du lit tout en extrayant la feuille de son enveloppe que suivait Mouloud de toute l'attention qu’il fallait à ce genre de circonstance.


Salah souriait puis lança d’un air moqueur, ta mère par trois fois, elle te dit : cher fils, elle croit peut-être que tu es le seul émigré, bon continuons,


Tu vois Mouloud, il n’y a rien dans cette lettre que des “ salut ”et autres formules de politesse, l’essentiel c’est ils sont en bonne santé, il ne te reste qu’à leur répondre, tu es confortablement installé dans la meilleure capitale du monde.


C’est ce qu’ils avaient à me dire, alors je dormirais tranquille cette nuit.


Et nous leur répondrons si tu veux.


D’accord mon ami à demain si Dieu nous prête vie. Nous leur écrivons une lettre digne de grands enfants à tes parents, on va les tranquilliser.



6 - Le comité


La déposition d’une demande d’étude de son cas par le comité de village venait d’être programmée pour ce vendredi. Mohand se préparait à cette confrontation avec le voisin indélicat. Il avait mis ses beaux habits, s’enroula dans son burnous et quitta apaisé la maison ou ses enfants dormaient encore, seule soucieuse cherchait un moyen de venir en aide à son époux, mais comment ?


Il ouvrit lentement et silencieusement la porte extérieure et sortit laissant le battant de fermeture se refermer de lui-même. Tout le trajet sinueux menant à la mosquée, lieu de la réunion qui devait l’accueillir était ce matin-là, jonchait d’épines, il ne les voyait pas, mais lui faisait mal, elles n’existaient pas du tout, des hallucinations débordant la raison qu’il devait posséder en ces moments vitaux pour avoir la lucidité face au comité et à son adversaire.


Le court chemin devenu long finira par s'estomper, il se retrouvait enfin devant un parterre de vieux sages et de son rival prêt à en découdre.


Il salua majestueusement par un salam (paix sur vous) à tous, en enjoignant un salut panoramique à tous les présents. Ils l’invitèrent à s’asseoir complétant ainsi le groupe assis en cercle. Mohand stressé observa minutieusement chaque personne et tarda un peu sur le voisin.


Il avait pris place à côté de da Hocine son représentant auprès du village, Hocine savait tout du litige, que surement d’autres escarmouches existaient. Les querelles de voisinage accaparaient toutes les réunions du comité et tous les vendredis. Le voisin du nom de Ouali que taira Mohand dans l’espoir de se réconcilier avant de l’inciter à comparaître.


Un silence sidéral régna un instant dans cette salle, puis da Hocine défaisant son burnous, tendit son bras vers l’avant, un signe de demande de parole et de respect à l’ensemble qui le regardait intuitivement sur le début des mots et des phrases qui mettra en avant afin de les informer des mauvaises relations entre, Ouali et Mohand. Il commença par des paroles pieuses et apaisantes puis demanda aux belligérants d’intervenir sereinement et poliment, à tour de rôle.


Ouali prit le premier de la voix pendant cinq minutes  réfutant sa présence au moment indiqué par Mohand, il était sujet aux hallucinations, comment expliquer qu’un  mur en lourde pierre posé par nos parents depuis un siècle et qui est d’une coudée d’épaisseur, pouvait-il déménager sans que les traces ne soient visible ?


Mohand montait par cette adjectif le traitant d’un halluciné qu’il confondait au mot  fou, retenait difficilement sa rage de peur aussi d'être sanctionné s’il dépassait les normes de langage usitées dans ce genre de  situations. Il précisa aux sages que son cheptel broutait les herbes et les fèves de ce champ pour commencer, sinon qu’il m’explique qu’un mur droit sur toute la longueur et que cette année, il avait fait un virage. Moi je vous donnerais la méthode utilisée : Comme le champ est  en pente , il versait tous les jours à l’aube de l’eau qu’il lançait avec le seau et les pierre par leurs poids se déplaçaient en se glissant lentement de quelques empans par semaine, voilà comment, mon voisin trichait avec la nature et les hommes.


Après les écoutes attentives des membres, ils les avaient fait sortir pour leur donner les résultats de la délibération. Ils les appelèrent  afin de leur annoncer une sortie sur le terrain et voir de visu le mur litigieux. Les sages épluchèrent d’autres plaintes déposées et décidèrent pour chaque dossier une suite justifiée avec ou sans sentence.


Une journée étalée dans une ambiance de début de matinée, qui lui semblait interminable. Il reviendrait prier toute à l’heure à la mosquée et demander le pardon à Dieu le tout puissant, personne n’est à l’abri des errements se disait-il. Il se repentait sans cesse,  quand il se trouvait seul.


Sur le chemin du retour à maison, il ne passait par la place afin d’éviter les questions qui pouvaient être agaçantes. Dans le contournement, Slimane l’aborda cyniquement par cette question :





  • As-tu gagné la partie contre Ouali ? S’aventura Slimane. La




réponse des plus méchante lui avait été rétorquée de la façon la plus insolente.





  • occupe-toi de tes brebis galeuses, avant qu'elles ne meurent, dans ce cas




le propriétaire te prendra ton unique parcelle de terre.


Cette altercation dura quelques minutes et se termina par le décrochage de Mohand visiblement épuisé. Il déambulait jusqu’au seuil de sa porte Ou Fatima l’attendait avec les mêmes questions dérangeantes, mais il ne répondait pas, il allait directement s'allonger sur son lit, une manière de laisser passer l’orage.


Fatima portait lourdement sur son cœur cet épineux problème, il la chagrinait des conséquences nocives sur le père de ses enfants, elle en pleurait à l’idée de perte de sa crédibilité qui serait commentée à la fontaine.


Il ne se leva pas pour retourner à la mosquée pour la prière, il avait fait l’impasse. Une longue sieste qui ne porta pas de repos comme escompté, au contraire, il se sentait cassé en morceaux, front crispé, il ne faisait que se morfondre à la recherche d’une position confortable physique : pensait-il, aucunement, c’étaient ses nerfs qui bouillonnaient à la tournure d’un orage de grêles près à lui tomber sur la tête. L’heure ne s'était pas arrêté au contraire tout lui semblait filer sous ses pieds. Fatima entourée des enfants cherchait un moyen d'approcher son mari sans le bousculer dans cauchemar, elle aiguilla intelligemment le plus petit qui s’approcha du père, sourire aux lèvres.


Miracle ! La force de la lignée et de l’innocence avaient apaisé toutes les parties mouvementées de son corps.


Une journée du lendemain était prête à prendre la relève avec moins de peines que ce Vendredi du pardon, il se cassera en quatre à oublier les mots qui fâchaient et construire un mieux vivre ensemble avec ses voisins et toute autre personne croisée sur son chemin. Une devise à s’approprier s’il voulait une vie heureuse des jours à venir, dans une situation de vieillesse.


Mohand connaissait parfaitement les tenants et aboutissants des résolutions de litiges, de conciliabule à un autre, il finissait toujours par donner plus d’avantages au gens qui ne se laissaient pas faire, qui n’avait bon cœur, les radins pour tout résumer.



7 - L’intégration


Un effort considérable le mena vers un autre mode de vie et une autre façon d'appréhender l'avenir, Mouloud songeait à fonder un foyer en France avec une Française, il voulait se déraciner définitivement de son village et de ses contraintes. Il lisait le journal, il écrivait les lettres de ses coreligionnaires, il se sentait presque lettré.


Sa deuxième année entamée, une chambre à lui seul , lui semblait un acte émancipateur et prioritaire, il s'en était résolu à se placer dans un schéma directeur comme essentiel et fondamental s'il voulait être libre de ses mouvements et de sa pensée.


Mouloud se rendra compte plus tard qu'il suivait exactement la politique d'intégration prôné par les dirigeants. Il rêvait de se mouler dans cette société qui s'était installait chez lui comme un colonisateur sans fois ni loi, cette contradiction le travaillait et le rendait anxieux et mal dans sa peau. Quand il se grattait la nuque, c'était qu'il voulait extirper la douleur et la misère que la mémoire ne voulait pas abandonner.


Le cœur battait non pas seulement pour le maintenir en forme et en bonne santé mais entre son nouveau pays nourricier et celui de ses ancêtres combien riche en souvenirs enfouis dans ses entrailles, riche car c’était la terre de sa naissance, riche parce que aussi et surtout c’était un bled plein d’amour et d’allant. Une solidarité à toute épreuve entre villageois, une  comparaison serait un non-sens par apport à son nouveau mode d’existence en ce qui concernaient les initiatives de venir à l’aide aux parents et voisins.


Les deux années passaient rapidement, courtes, au point de confondre les mois avec les semaines, l’occupation physique et mentale ne lui permettait pas d’avoir une juste valeur du temps, la dissemblance était de taille au bled, il fonctionnait au soleil , en France à la montre, ce différentiel impactait sur son comportement journalier, c’était quand il jetait un regard sur le ciel et qu’il cherchait l’heure qu’elle  était, il scrutait par le même mouvement son destin lequel en disait qu’il était au ciel avec les anges.


Il ne répondait plus aux lettres de ses parents, il avait honte de ne pas mettre de l’argent de côté afin de leur envoyer. Un des repères de bonne éducation, d’appartenance à une famille respectable était de maintenir le contact moral et financier avec les siens, or ce n’était pas le cas de Mouloud préoccupait par son égo, il se faisait beau, se mettait à attrait du jour, il flânait les rues et les boulevards, il cherchait à s’approprier de son destin. Ce qu’il demandait à Dieu matin et soir, c’était de le faire croiser avec une femme à son appétence par laquelle il trouvera son bonheur.


Il demandait souvent à son collègue de travail la bonne manière d’aborder une fille dans la rue sans se faire considérer comme un mal éduqué parce que lui, il avait toutes les dispositions sérieuses pour être un bon mari, il fallait seulement se faire admettre. Ce début d’après-midi, des nouvelles idées commençaient à se dessiner en faveur des options à prendre en charge, ici les délais courent à fond de train.  Il laisserait la nuit venir à son secours par une meilleure perception future, en attendant il pourvoirait aux besoins de sa panse  car, il entendait ses borborygmes signifiant une faim de loup.


La nuit n’était pas calme, quand il pensait qu’il allait sommeiller, une jolie femme du bled en habit traditionnel survolait son espace gardé, là ou il stockait ses préférences, mais quand la tour Eiffel tombait sur lui, il sursauta puis tomba du lit.  C’était un cauchemar qui venait perturber ses projets prémonitoires, quand il changeait de position en se mettant sur le côté gauche, à peine qu’il sentait les bras d’Orphée qu’un visage flouté faisait une apparition, il paraissait correspondre à une silhouette heurtée sur le chemin de son travail, elle ressemblait à la fois une fille du bled et à une Parisienne de ses rêves.


Encore une seconde fois la Tour Eiffel s’abattit sur lui, il se releva et demanda à Dieu de l’aider à lui faire comprendre la signification. Un marabout africain ferait l’affaire si dans sa tête, les fils s’embrouillaient.


Depuis des mois, précisément, quand il avait répondu à la lettre de ses géniteurs, il manquait cruellement de leur nouvelle, un silence coïncidant à ses angoisses n’arrangeait en rien ses projets ni immédiat ni lointains. Le week-end s’annonça triste, alors Mouloud passait la majorité des nuits dans cet état, le matin devenait un supplice auquel il devait trouver un remède de bonne femme en se rendant chez un ancien du village, en cas de non-rétablissement, il consulterait un guérisseur qui avait son local en face du restaurant où il venait le moment de pause prendre ses casses croute. Les maux de tête ne finissaient pas de l’agacer, il ne s’en séparait jamais de sa boite de paracétamol.


La météo ce matin annonçait un mauvais temps, la brume londonienne envahissait les moindres recoins du quartier, il en endossa son manteau, boucla la porte et d’un pas pressé, il déchira le brouillard de son allure athlétique d’un regard pétillant de ses yeux noirs perçant, il filait les talents claquant en direction de son boulot.





Cette route mainte fois empruntée par notre bonhomme lui semblait étrangère, ce matin-là, les repères et les odeurs disparurent, il ne ferait que presser ses pas afin de mieux préparer ses outils de travail. Le hasard le fit arriver avant le patron pour la première fois. Ils se regardèrent se saluèrent et chacun tirait ses propres conclusions, pour le maitre des lieux c’était la conscience professionnelle qui commençait à prendre possession du travailleur. Quant à Mouloud, il regrettait le temps qu’il devait passer agréablement à flâner et regarder les belles filles se pressaient à rejoindre qui les études qui le travaille.


Les clients arrivaient en paquet, l’équipe s’était mise en branle-bas de combat, il faut gagner sa croûte se disait Mouloud qui se hâter à recevoir une grosse voiture conduite par un industriel donneur de bons pourboires.





8 - La famille   


Mhand le benjamin de cette modeste famille se rendra dès demain à l'école du village, mais il faudrait lui acheter des vêtements, il ne l’avait pas fait pour cause de manque d’argent qu’il attendait de son fils Mouloud. Précautionneux, un legs de son père, celui de se faire un petit capital de réserve. C’était avec l’argent de la chévre qu’il avait vendu afin de parer à des dépenses imprévues ou un événement qui nécessiterait une intervention financière modeste soit-elle et c'était le cas aujourd'hui, il devait puiser pour vêtir Mhand. Rien qu'au regard des autres élèves mieux lotis, il devait d’être prévenant envers son fils.


Mhand, lui cria-t-il ! Viens avec moi au marché, je vais t’acheter des vêtements et quelques affaires pour tes cours.


Des affaires composés d’un porte plume, des plumes, d’un crayon, d’une gomme et d’un cahier de 36 pages, quant aux vêtements : une chemise en forme d’une gandoura coupée, un pantalon et une paire de souliers en caoutchouc. Une dépense lourde à près d’un tiers du prix de la chèvre vendu par nécessité ce qui diminua sa valeur.


Très content, il sautillait de joie et faisait le tour de la cour en dansant et chantant ce qui ne plaisait à son père qui lui rappelait que la pudeur villageoise interdisait le chant et la danse en dehors des fêtes et puis un homme devrait se retenir d'extérioriser ses sentiments, autre argumentaire, sa sœur se sentirait lésée par ce parti-pris de parents, ce qui ferait d’elle une jalouse envers le frère qu’elle aimait beaucoup.


Taous n’arrivait pas à comprendre cette supériorité du garçon par apport à la fille  alors qu’elle plus obéissante, plus travailleuse et très gentil, elle singer en tout sa mère. Peut-être, c’était le moment de se rendre compte de certaines coutumes donnant plus de droit à l’homme. Elle saura plus tard que ce lourd fardeau discriminatoire était une résultante du passage du matriarcal au patriarcal sans douceur.


Mohand pris par la main son bonhomme et parti au souk. Prendre les frites d'aami Akli était un passage obligé tant les odeurs débordées sur le trottoir titillaient les narines. Bien enroulés dans du papier. Mhand n’en finissait pas d’en sélectionner une par une jusqu’à la dernière qui par malheur lui échappa des doigts, il se plia, la ramassa et la secoua pour la lancer dans la bouche, elle était la plus savoureuse. Son père savait la faim de son fils n’était pas assouvit, mais il donna le signal de partir faire le marché. C’est le matin que les meilleurs achats se font, murmura-t-il.


De stand en stand, il regardait les prix, la qualité en fonction de ses moyens, il s'était résolu à passer la main à la poche afin d'en finir avec les besoins de son fils pour la rentrée scolaire. Comme marché hebdomadaire Mohand visitera le marché à bestiaux, et constater la fluctuation des prix, surtout celui des chèvres.  


Fatigué, l’heure du retour à la maison sonna, il avait repris son fils par la main et se dépêcha d’arriver chez lui.Le soir autour du kanoun en braise la marmite bouillonnante, Mouloud interpella sa fille pour la consoler un tant soit peu de l’impasse subie. La prochaine fois, je t’achèterai une gandoura et des savates chacun son tour ma chère fille se disait-il et en plus tu viendras avec nous à la ziara pour avoir la bénédiction du saint’ il te prédestinera beaucoup de bonheur, donc sois patient. - Allez viens auprès de moi.


Mhand, dans un coin, seul, feuilletait son cahier sous le regard intéressé de sa mère, mais le bijou pour lui, c’était le porte-plume qu’il tentait de démonter et du coin de l’œil son père l’apostrophait, attention si tu le casses, il n’y aura d’autres, Mhand se ressaisissait et remettait tout dans son cartable.


Fatima prépara quelques ustensiles se résumant en un grand plat en bois et des cuillères, ils se placèrent en cercle, la maitresse de maison déposa le plat remplit de couscous, elle versa la sauce au milieu, commencèrent alors une symphonie inédite des sons des cuillères sur le plat et des dents qui se frottaient les unes sur les autres, un craquement d’un os collé à la graisse donné un son particulier, dans ce genre de situation tous le regardèrent pour savoir quel corps étranger s’était mêlé à la musique et la bonne saveur de ce diner.


Sur la route de ce qu’on appellera désormais l’école Bada, Mhand toujours main dans la main de son père, imaginait ce super homme d’abord en taille, car pour lui, toutes les mesures étaient de grandeur, il pensait aussi qu’il était un voyant genre de la matrone que la mère bercée ses nuits de ses contes fabuleux. La vue de la toiture le fit frémir, sa main serra un peu celle de son accompagnateur, ses pieds trébuchaient, il s’était ressaisi en mettant dans la cour de l’école au milieu des camarades, il n’attendait plus que le sifflet du maitre.


Mouloud se rendrait au champ pour le tour habituel et préparer les dessous des oliviers par un grand nettoyage, enlever tout ce qui pouvait cacher les olives ou blesser les mains ramasseuses. Il observerait la fécondité de ses arbres, mais il pensait que cette année était bénie, il avait observé la floraison et la normalité de la pluviométrie, la grandeur des glandes et un nombre de paramètres qu’il était seul à connaitre grâce aux dires de son grand-père.


Le produit des terres Mouloud était savoureux et il avait une identité, ils venaient souvent de loin pour le lui acheter, grâce aussi aux efforts fournis chaque année à les entretenir. Son attachement à ses parcelles nourricières était inébranlable, il connaissait le moindre rameau si un berger venait à l’extraire pour nourrir ses bêtes, il s’en rendrait compte à première vue. Ce délit était sévèrement sanctionné par le règlement du village comme tant d’autres méfaits, tel que paitre son troupeau. Il y avait aussi le mauvais œil que malheureuse ne pouvait être codifié, mais il était souvent pris en compte en cas de mauvaise récolte.



9 - L'invitation fatale


Mouloud, un homme plein d'entrain la vie ne finissait pas de lui offrir des vertus en plus de lui ouvrir des multitudes horizons, tous prometteurs. À la sortie du garage après une journée où les clients se succédaient au rythme endiablé, il n'espérerait que d'un long allongement sur son lit une bonne heure ensuite à une toilette approfondie et reposante.

Au premier virage de ce parcours devenu familier, il fut abordé par un jeune homme de la contrée qu'il avait connu lors des bals organisés par les colons au village colonial environnent. Ils se régalaient dernière le grillage, car les indigènes n'avaient ni le droit ni la stature de partager la merveilleuse ambiance des fêtes européennes où ils tançaient et buvaient jusqu'à l'aube. La misère et peur conjuguée à tous les temps faisaient de Mouloud et son ami les jeunes de la brousse et avaient souvent le surnom de chacal quand ils étaient respectés autrement celui de rat leur convenait bien selon les usages des colons. Quand les jeunes colons lançaient de larges sourires à leurs partenaires sur la piste de danse les jeunes de l'autre côté s'agrippaient à en mordre la clôture dans un silence mortuaire. Si par malheur un tousserait à se faire entendre par un fêtard, il serait considéré comme perturbateur et immédiatement embarqué par le garde-champêtre communal et tabassé jusqu'à en oublier sa toux.

Cette rencontre d'infortune avec cette personne dont il avait oublié le nom lui rappela du premier coup d'œil qu'il s'appelait Youcef, Joseph de surnom, et qu'il désirait l'aider et mieux se solidariser, la vie d'émigré étant difficile à supporter, lui murmurait il à l'oreille.

Ils flânaient les rues du quartier pendant une heure environ, Youcef s'arrêta sec et lui dit

- Je vais te proposer un travail que tu feras à l'heure, tu veux de jour ou de nuit et tu seras bien récompensé.

- arrête d'inventer Youcef, il n'y a pas de gain d'argent sans sueur saut pour ceux qui ont étudié beaucoup.

- tu te trompes Mouloud celui de commissionnaire que j'allais te recommander fait gagner des sommes sans effort, juste une petite vigilance, bien sûr, il faut aussi être un peu malin, comme le renard.

- Écoute, laisse-moi tranquille, j'ai un boulot une paye et des projets, je n'ai aucunement envie d'aventures et puis, je suis en retard à un rendez-vous, salut !

Ils se séparèrent physiquement, mais le sujet travaillait Mouloud profondément, il ne pouvait imaginer un enrichissement sans peine et sans sueur, si, il y a le vol que la famille ne portait pas dans les gènes donc pensait-il, cette piste de réflexion est à rejeter. Il continuera à le côtoyer et il creusera son fond afin de le classer ou pas dans les nons fréquentables. Son logis n'était pas loin, il se dépêcha de rentrer, dîner et dormir, la nuit portera apaisement et conseil dans la mesure où il fallait chercher mieux. Il s'en préoccupait pas pour le moment, seuls les cours du soir l'accaparé, il ne réviserait pas ce soir-là, il était exténué.

Les jours et les nuits se suivaient tourmentés pour certains, agréables par intermittence pour d'autres. L'absence de l'odorat de la contrée, les amis de jeu, de rire et de l'épanouissement de sa personne, ses parents, ses petits frères tous lui causaient des manques insupportables. Quant à son intégration dans la société française, il se démenait négativement dans ses comportements quand il détournait du regard sa terre natale. Il le savait qu'il y retournerait comme les anciens, les habitants de la contrée ne se déracinaient jamais définitivement. Ils s'expatriaient que pour une période, le temps de ramasser l'argent pour ses enfants et leurs derniers jours.


Si El Hanafi le 14/03/2018 à 07h02

Si El Hanafi dit Si El Habach


Les destinées de cet homme élevé dans une propriété prise en métayage par ses parents que l'exploiteur colonial avait réduit à une totale misère malgré les efforts journaliers fournis par les exploitants, la famille Belkacem et fils.
Cette ferme que le lieu et la providence avaient rendu célèbre par les passages et souvent les prises en charge, le logis et la nourriture, d'une grande partie des grands déclencheurs de la révolution de novembre.
Si El Hanafi l'un des fils de cette glorieuse famille n'avait laissé passer aucune marque des manques subis, malgré leurs acharnements au travail. Mais surtout la construction de sa personnalité dans le feu de l'action des militants comme Krim Belkacem et bien d'autres qu’il avait vécu de façon intense.
C'était avant novembre, il jurait d'en être l'un des acteurs si jamais la tournure vers une guerre d'indépendance se projetait, l'image de son grand frère Si Tahar dit Chaara était idyllique.
Des exemples de militants de hautes consciences patriotiques défilaient devant ses yeux aux heures jamais fixées. Des repères d’engagements combatifs chevillés dans son subconscient en attendant l’heure salutaire de la première cartouche à tirer sur le colon et ses symboles.
Si El Hanafi n’avait pris pas part à ce tir déclencheur de la révolution du premier novembre à minuit, il était très jeune.
Il lui manquait peut-être une école à côté de la ferme pour sortir d’un suivisme béat et s'imprégner des vraies valeurs du militantisme que les gens du PPA (Parti Populaire Algérien) prodiguer à leurs adhérents.
Dotait d’une intelligence à toutes épreuves, Si El Hanafi attendra son heure, le temps qu’il faudra. Son ardeur juvénile, sa disponibilité permanente faisaient de lui l’un des combattants dans des cellules dormantes.


L’isolement


Cette semaine d’hiver Si El Habachi et son groupe de jeunes moudjahidin s’étaient replié dans un village évacué sur les hauteurs du Djurdjura, la neige montait au-dessus des tibias, le froid glaçait jusqu'à l’os, la troupe en attente d’un geste providentiel de Dieu.
Si El Habachi très anxieux de leur sort pitoyable opta pour une réunion où il donnerait de nouvelles consignes et s'enquérir de moindres problèmes pouvant toucher le moral de subordonnés.
La faim tenaillait les ventres, les munitions épuisées, le moral bas, la peur d’une attaque ennemie en position de faiblesse, il décida de leur tenir un langage de guerrier et stratège jusqu’au bout.
Chers frères moudjahidin, je comprends votre angoisse de tous ses manques, mais je vous assure que le chef du village d'à côté viendra avec le nécessaire dans les heures qui viennent et le messager que j’ai reçu tout à l’heure m’avait aussi assuré d’un convoiement de munitions dans quelques jours.
Sur ce, il leur demanda de rejoindre leurs postes.Si El Habachi se mordit le doigt pour adoucir sa douleur profond de ne pouvoir répondre aux besoins de ses éléments.
Il s'était retiré à quelques mètres du campement, s'installa sous un chêne, grattant sous la neige, il ramassa deux glands qu’il tenait à la main gauche, regarda le ciel et se mettait à pleurer à chaudes larmes, il n’y avait en prévision ni nourriture ni munitions.
C'était un fake News. C'était une information de consolidation du moral des troupes par l’espérance.
L’opération jumelle entreprise dans le cadre du “plan Challe”, du tristement célèbre Maurice Challe général d’aviation, pesa lourdement sur l’évolution du processus révolutionnaire des membres de l’ALN ( armée de libération nationale) principalement dans la wilaya III zone 3, territoire opérationnel de Si El Hanafi.
L’opération avait mis sous par les troupes et le contrôle par les jumelles de chaque coin du territoire de la wilaya III historique.


Opération kamikaze


Le groupe de Si El Hanafi composée d’une vingtaine d'éléments était très mobile. Un jour qu’il devait se rendre à une localité distante d’une heure trente de marche environ, il se heurta à un choix judicieux, sensible et très dangereux, entre deux chemins menant au lieu ciblé.
Si El Hanafi en fin stratège, connaissant parfaitement chaque petit bout de sentier qu’il devait battre traça l'itinéraire quand surgit le chef de zone pour imposer un autre chemin ne convenant pas à la vision de notre jeune héro, après une ultime tentative de convaincre un chef obstiné, il était dans l’obligation de se plier aux ordres.
Il pria Dieu de lui venir en aide pour se soustraire à un ensemble de barrages et d’embuscades produit par un ratissage en de tissage d’araignée ou l’affront était inévitable.
Il ordonna la mise en ordre de marche à ses éléments vers l’objectif assigné. Pas convaincu, la peur au ventre, il ruminait profondément cette contradiction tactique (antagonisme ) avec son chef. Il ne cessait d’inspecter ses hommes du premier au dernier, l’image qui l'agaçait et qui revenait brouiller sa vision dérangeait la sérénité habituelle même pendant les situations plus aggravantes que les prévisions de celle-ci.
Si El Habachi sentait le resserrement du dispositif des militaires Français autour d’eux, quand le premier rafale fit tomber un élément, il ordonna le repli, mais trop tard, ils étaient pris en tenaille, seul l’affrontement en face à face leur était resté.
Malheureusement, le nombre et la puissance avait raison de la troupe de Si El Habachi avec seulement rescapés, dix huit morts sur vingt participants à la bataille. Il était revenu ensanglanté avec si Amar ougamim pour se lamenter de la perte de la totalité de sa troupe.