Arezki

Société

Poser les bases d'un fondement de sa personnalité par des corrections quotidiennes de ses relations et de ses approches avec les personnes constituant son environnement.

Un voyou et sa victime

   En ce début d’automne les travaux des champs dans la Mitidja  tiraient à leurs fins, les maigres pécules envoyés à leurs enfants, ces ouvriers saisonniers venants  des villages de Kabylie descendaient en ville pour la recherche d’un autre type de travail, comme docker ou cafetier notamment.

         Comme toutes métropoles du monde Alger ne faisait pas exception, elle avait ses maux sociaux, le vol à la tire, le braquage et bien d’autres méfaits relevés par les gens de passage et les résidents. Reconnus et ciblés, ces ouvriers montagnards étaient souvent affrontés à de malencontreuses  rencontres.

         Un matin de ce jour d'octobre, un des acolytes de si Ahmed portant le pseudo – diminutif  Houhou, détroussa une personne en visite dans une ruelle dite sensible du côté de la rue de lyre  . Il lui présenta le butin contenu dans un mouchoir bien noué et attaché à sa ceinture. Il avait feint de lui venir en aide après un crochetage de son compagnon déstabilisant entièrement la victime,

         Si Ahmed dans sa partie bon enfant lui ordonna de lui rendre la moitié à ce pauvre campagnard tout en réitérant ses conseils de ne plus agresser ni voler les pauvres gens et que dorénavant tout dépassement sera sanctionné par un coup de crosse à la tête avec sa vieille moulinette ou une marque indélébile sur la joue avec son douk-douk, un couteau qu'il avait fait fabriquer par le forgeron de son village dans une de ses rares visites.    

         Après une entrevue glaciale et menaçante, Houhou s'était mis sur les traces de l'innocent homme probablement en détresse et certainement dans un désarroi total à la recherche d'un moyen de s’en sortir de cette impasse. Il ne cessa pas de revenir dans ce lieu, une ruelle maudite, dans l'espoir de retrouver son bien, se disant que peut-être qu'il l'avait tout simplement perdu et qu'un être honnête lui rendra son argent gagné avec peine sur les terres des colons de la Mitidja.

         Et c'était là, que Houhou l'avait aperçu regardant autour de lui et levant de temps à autre sa tête vers le ciel pour implorer Dieu. - Qu'avez-vous monsieur, vous avez l'air malade ?  - Non rien de tout ça, j'ai perdu mon argent ou bien quelqu'un me l'avait volé - ce n’est pas grave mon vieux, tu as de la chance de rencontrer un fortuné  et plein de bonté comme moi. Houhou sort une liasse de billets et remet la moitié au malheureux qui n'en revenait pas de voir mettre sur chemin un tel homme  charitable et puis au bon moment. Il avait mis l'offrande dans sa poche qu'il épingla pour éviter d'autres mésaventures de genre. Il remercia vivement le donateur en lui lançant des bénédictions que Houhou acquiesça nonchalamment se disant tout bas que pour la grâce de Si Ahmed, il s'en fichait éperdument autant que la baraka de sa victime.

         Depuis ce  jour Houhou, garda ce style de vie moitié délinquant moitié homme de bienfaisance. Il ne s'en remettait qu'à sa conscience en voie d'emprunter le chemin du salut. Quelques années après, il s'en vola vers la Mecque pour accomplir le cinquième pilier de l'islam et termina ses jours dans la maison parentale qu'il n'avait jamais voulu quitter ni refaire se disant ordonnait par le destin.



Copyright©2016 – Arezki Mensous - Tous droits réservés - Toute reproduction est interdite.