Menu sidebar
Arezki

Un geste magnifique

    La journée de ce 02 novembre quoique très malade, mon énième passage dans les urgences  avait encore une fois contre dit les mauvaises langues de certains concitoyens sur le laisser aller des équipes médicales travaillant dans les services hospitaliers.
D'une façon tout à fait normale, je m'étais présenté  au pavillon des urgences de l'hôpital d'Azazga, l'accueil par l'agent de sécurité  était des plus honorables. Il me dirigeait vers l'infirmière qui me guida vers un fauteuil et m'installa face à une   doctoresse de garde.
     Elle fixa mon aura un bon moment me posa des questions sur le sujet de mon malaise. J'expliquais de façon succincte mes douleurs et tout ce que j'avais senti ces derniers jours.
Harcelé par une multitude questions de patients et d'accompagnateurs souvent superflus, très gênée par ce genre d'intermèdes nuisibles autant pour la doctoresse, qui devait diagnostiquer mon mal, que pour moi. Les intervenants déstabilisaient toutes approches positives. Elle lança un souffle profondément parvenu de ses tripes, un son rauque sorti  " comment peut- il y avoir un minimum d'intimité entre un docteur et son patient  dans ce brouhaha".
Deux avantages :
    1 - Nos docteurs et les para-médicaux sont armés d'un caractère d'acier pour avoir subi tous les jours de travail que Dieu fait ce genre de comportements inadéquats pour bien faire.
    2 - Imaginer un échange d'équipe d'Algériens  avec une autre européenne, les Algériens seraient médaillés et les médecins européens se suicideraient.
     Après le nombre de lignes que je vous fais courir peut- être sans intérêt, je devine votre réaction chers lecteurs, quel geste  magnifique alors ? Et bien le meilleur est à venir.
Quand soudainement les utilisateurs des urgences sursautèrent d'un cri strident aux paroles désordonnées, c'était un malade dépressif qui avait piqué une crise de nerfs. Tout en sang pour avoir mordu sa langue infirmières et médecins coururent pour le soulager. Un jeune certainement bien élevé donna une forte main aux soignants. Sans connaître la victime, il lui porta aide et assistance, il lava son visage et son coup, il le déshabilla de son tricot plein de sang et le remplaça par le sien.
      Sidéré par ce geste magnifique et noble qu'on retrouve rarement en ces temps dit de modernité où chacun ne s'occupe que de soi. S'était-il confondu avec une bonne prise en charge des services de la santé du secteur d'Azazga ? Si oui ! à quand les autres services de l'Etat se remettront-il en marche ?
J'avais oublié ma maladie devant une telle générosité de l'âme.

 

Ce 3 novembre

    C'était un vendredi, une journée pleine de mouvement dans cette salle exiguë des urgences. La doctoresse tendant un dossier ordonna à mon fils, mon accompagnateur, le  transfert dans une chambre à  deux lit.
      J'avais  choisi celui devant la fenêtre portant une forêt danse qui se termina par une broussaille au bas des murs de l'hôpital. Aspirant à une visibilité féerique et un calme Angélique, la réalité avait vite su se rapprocher de l'état diabolique des lieux de part son construit bien fini et aussi bien entretenu.
         L'arrivée d'un vieux de près de la centaine presque,  dans état comateux, changea l'aspect sonore de cette hospitalité non désirée. Il commença par un cri prolongé, mi-douleur    mi-plainte de pleine gorge de sa voix rude. Juste mitoyen  ou, seule la porte faisant rôle de mur, un service pédiatrique dans la tonalité des voix des enfants encore  consultation au moment des piqûres lancèrent à travers le ciel des sons stridents perçant les séparations murales avec les chambres voisines.
     Cette symphonie macabre ne me permettait pas de fermer l'œil de la nuit et vivement le matin, une nouvelle journée porteuse d'espérances meilleures.  
       Les prémices étaient bonnes, me semblaient-ils ? Un bon lait chaud avec pain au miel me faisaient la bonne humeur matinale. La fenêtre orna ma vue d'un lever de soleil,  les gens ne parlaient que du coucher, illumina un espace verdoyant où se mêler plusieurs essences, les glandes et autres fruits forestiers nourrissaient les oiseaux et les  animaux sauvages non exterminés par des chasseurs invétérés, il faisait aussi le coup faim des bergers et des  randonneurs.
      Encore une autre invasion aux pas feutrés, presque furtive, Brava paisiblement ce tintamarre. Un dossier de même apparence que le premier m'annonçait par la voix qui le portait  un autre déplacement  en direction du troisième étage. Ce remue ménage ne m'inspirait pas confiance,  le séjour serait le sujet et la sortie ne serait pas pour demain.