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EVASION

Hommage


Moudjahidin

 

   GLOIRE A NOS MARTYRS. HOMMAGE A SES DIGNES FILS.

Yousnadj Mouloud dit " Si El Mouloud Nath Youssef"

    Dans ce village de Cheurfa n'Bahloul ben Assem comptant plus d'une centaine de chouhada, était né présumé en 1919, Yousnadj Mouloud dit " Si El Mouloud Nath Youssef", nom qu'il porta jusqu'à la fin de sa vie.

    Si El Mouloud Nath Youssef était le troisième d'une fratrie de cinq enfants. Il était élevé dans une famille pieuse, d'une moralité et d'une droiture exemplaire où le travail était un honneur pour vivre dans la dignité.

    Dès sa première jeunesse, il s'était mis au travail et devint forgeron. Hélas pour lui ! À peine le métier commençait-il à le passionner, qu'il fut appelé au service militaire français à l'âge de 23 ans, après avoir pu reculer l'échéance plusieurs fois.

À cette époque ou les bras comptés pour subvenir aux besoins essentiels familiaux, les parents faisaient tous ce qui leur était possible pour échapper à l'incorporation de leurs enfants. Un service passé sans problème dont il n'avait pas manqué de tirer des leçons pouvant lui être utiles à l'avenir. Après sa libération, il a repris la forge à la force de ses bras. Si el Mouloud Nath Youssef était un homme de taille moyenne, d'une musculature tassée, conséquence d'un labeur quotidien et pénible. D'un caractère paisible, notre homme aimait son prochain, estimé dans son village par son altruisme. Il était dans toutes les actions de bienfaisance au service de son village.

    Quand la deuxième guerre mondiale éclata, (1943-1945), Si El Mouloud Nath Youssef avait été remobilisé et incorporé comme insoumis. Il avait refusé cette fatalité de passer sa vie à servir la France, comme colonisé puis comme chair à canon. Les Algériens constituaient avec les Marocains les premières lignes du front de ce fait payèrent un lourd tribut déjà, pendant la première guerre, (1914-1918).

    Ce temps passé sous le drapeau mis à profit malgré la minime chance de survivre l'avait aguerri et renforcer son engagement dans le militantisme émancipateur du peuple Algérien. L'affrontement meurtrier de la France contre le nazisme Allemand avait éveillé et forger l'instinct nationaliste et un regard intéressé aux moyens de mener la lutte armée à l'instar de beaucoup des peuples qui avaient combattu et libérer leur pays. Il avait affûté ses premières armes et acquerrait les moyens techniques, afin de s'affirmer en homme de principe, apte à guerroyer.

    Démobilisé à la fin de la guerre, il avait repris normalement son travail de forgeron. Les relations avec les chefs de familles venant à la forge pour réparer leurs outils avaient façonné sa personnalité et facilité son intégration dans le mouvement nationaliste. Des discussions souvent longues avec les clients qui attendaient en observant la dextérité de Si El Mouloud à l'œuvre, mais aussi un bon orateur, ils ne s'en lassaient pas de l'écouter. C'était dans sa forge qu'il avait fait la connaissance avec si Abdellah (novembriste, futur héros de la révolution).

    C'était tout jeune qu'il avait commencé à militer dans les rangs du mouvement nationaliste jusqu' au déclenchement de la révolution de novembre 1954. Si El Mouloud Nath Youssef avait participé à la lutte de libération nationale dans des tâches les plus ingrates, surtout dangereuses comme moussebel et puis chef de front. C'était à lui que revenait, la logistique, le renseignement et surtout la noble tâche mais combien difficile et aussi dangereuse de mobiliser les villageois, l'exposition répétée à la vue des gens peut être la cible d'indicateurs volontaire ou de personnes arrêtés qui donnerait le renseignement sous la torture. Toujours sur le qui vive jour et nuit, il réglait les litiges entre les habitants, collectait des fonds, et surveillait à travers les moussebline sous ordres tous mouvements de l'ennemi.

    La mission la plus stratégique pour Si El Mouloud consistait à découvrir d'éventuels mouchards abusés et recrutés par le deuxième bureau très actif dans la contrée ou la S.A.S (service d'assistance sociale). La réussite pour un moussebel ou un chef de front résidait dans le secret de ses activités dont dépendait la pérennité, (qualité rare de nos jours) que Si El Mouloud possédait.

    La famille du chef de front Si El Mouloud était en première ligne dans le combat libérateur : son cousin Si Mokrane était moussebel très actif, son neveu Si Ahmed membre de l'A L N et tomba plus tard au champ faisant lui unième chahid. Ce genre d'activité l'usait à la longue physiquement et moralement, si bien que Si El Mouloud décida d'informer ses supérieurs de son intention d'intégrer l'ALN par la voie normale. C'est-à-dire attenter à la vie d'un colon ou d'un militaire ciblé pour sa nocivité, condition sans laquelle personne ne pouvait rejoindre les rangs des maquisards en tant membre de l'ALN principaux acteurs de la révolution par la lutte armée.

    Ses supérieurs accédèrent à sa demande et lui donnèrent une arme.La cible choisie était un colon très actif dans l'organisation de défense de ses coreligionnaires et très au fait des armes à feu qu'il manipulait aisément. La préparation minutieuse nécessita au moins trois hommes. Si El Mouloud adjoindra deux jeunes moussebels pour cette périlleuse et un résultat attendu. Bentaha Bachir et Albane Mohand l'accompagnaient et agiraient en soutien en cas d'un éventuel contre temps.

    Si El Mouloud, muni d'un pistolet, décida du lieu et de l'homme à abattre. Il s'agissait d'un colon conducteur de travaux dans la circonscription d'Azazga qui venait périodiquement réparer ses outils à la forge. Les relations entre les deux hommes étaient bienveillantes, pour ne pas dire cordiales, mais le nationalisme de Si El Mouloud ne prête pas à équivoque : un engagement ferme à donner tout ce qu'il pouvait à l'algérie pour la libérer du joug colonial, jusqu'au sacrifice suprême.

    L'amitié entre lui et sa cible disparaissait naturellement pour laisser place à l'action dictée par ses convictions irréversibles. L'homme visé, grand propriétaire comme tous les colons, était craint par tous les indigènes de la contrée, il maniait bien les armes dont il ne se séparait jamais.

    La matinée du passage à l'acte, notre héros envisageait toutes les situations pouvant résulter de l'opération : les réactions de cet homme face à l'arme de Si El Mouloud Nath Youssef (un vieux barillet à six coups)…son comportement même pourrait-il attirer son attention avant qu'il ne passe à l'acte ? Armée de son courage, de son expérience acquise au service militaire, de sa stratégie clairvoyante et de sa discipline militaire, il se dirigea directement sur le lieu de travail du conducteur, avec son air impassible, le salue de la droite et lui tira dessus avec la main gauche.

    L'homme touché mortellement s'effondra sur la chaussée. Si El Mouloud Nath Youssef n'avait pris que le temps d'un regard furtif vers sa victime avant mettre ses jambes à sa poitrine pour rejoindre le plus tôt que possible ses compagnons de combat dont il rendit compte de tous les détails de son action. Salué pour sa bravoure et sa façon de mener l'action il fut félicité pour sa promotion dans la hiérarchie combattante : " Te voilà désormais membre de l'armée de libération nationale " lui disait un adjudant de l'ALN. Il lui annonçait que son poste de chef de front était pourtant très important et qu'il trouverait beaucoup de difficultés pour le remplacer. Notre homme fier de ses prouesses rejoignait les autres djounoud dans une compagnie dans l'Akfadou. Ainsi s'achevait pour SI EL MOULOUD NATH YOUSSEF une première partie de son itinéraire de valeureux combattant comme membre de l'organisation civile du Front de libération nationale(FLN).

    Dans ses multiples actions combatives en tant que moudjahid, une d'entre elles retient l'attention pour sa violence et pour la surprise dont était la cible ce jour-là le groupe de notre héros. En allant de Tizra un lieu situé sur le flanc du Sébaou vers Tamgout un lieu bien protégé par une forêt dense des terrains escarpés où la route sinueuse jonchée d'obstacles et très boisée sur les bords de la route.

    Si El Mouloud et son groupe avaient été accrochés par une patrouille militaire au lieu dit Sidi Brahim entre Azazga et Yakouren. L'attaque surprise avait raison de son expérience et de son agilité, le chef de groupe ordonna la dispersion, mais notre homme, d'un courage exceptionnel, fut gravement blessé. Il avait réussi à se traîner jusqu'à un buisson se camouflant tant qu'il pouvait.

    Un de ses frères de combat, après une accalmie avec le départ de l'ennemi retourna sur le lieu fatidique fouilla buisson par buisson. L'ayant vue agonisant sous une touffe de broussaille, mais vivant, il informa les autres éléments qui retournèrent sur leurs pas pour lui porter secours. Ils l'amenèrent sur civière fabriquée à la va-vite, il le mena dans une casemate se trouvant à Issiaken dans le village d'Ait Bouadda commune d'Azazga qui servait d'infirmerie pour les moudjahidin.

    Un jour, les blessés de l'infirmerie intrigués par des cris poussés par une vieille femme aux alentours de la demeure, ils envoyèrent un des leurs à l'écoute pour les renseigner. Il revint brusquement et leur annonça que les cris de la vieille étaient des alertes et qu'ils devaient quitter les lieux. Les militaires étaient à cent mètres.

    Branle bas de combat, ils quittèrent le refuge aussi vite que possible. Si El Mouloud plus touché que les autres tomba à terre après quelques mètres. Se sachant très faible, il n'était sorti de l'infirmerie que pour protéger le propriétaire de la maison à qui il avait dit : " je partirai ! Je ne serai jamais la cause de ton malheur, " Il voulait lui éviter la prison et la torture que les militaires sans foi ni loi pratiquaient sur toutes les personnes arrêtées pour leur soustraire des informations sur le maquis et pour collaboration avec les maquisards.

    L'ennemi fini par mettre la main sur Si El Mouloud, souffrant, incapable de bouger. Il était transporté de la caserne ou il fut jeté dans une fausse dallée. Il avait passé la nuit à gémir.

    Le lendemain, il avait été présenté à madame Thomas par l'officier des renseignements, s'adressant à la victime en ces termes : " Voilà Madame, l'homme qui avait tué votre mari ". Ils s'échangèrent des insultes pendant un bon moment ; Puis Si El Mouloud se retourna vers l'officier lui signifiant clairement que s'il fallait recommencer il le referait mille fois pour l'amour de la patrie. L'épouse de M. Thomas rétorqua non sans haine, "Tuez le et présentez le à sa femme, elle saura la douleur que j'avais vécue ". Soutenu et bien encadré par les bidasses, ils reprirent le chemin de la caserne.

    Cette nuit-là avant l'aube, Si El Mouloud Nath Youcef avait été assassiné par balle et jeté dans un étang. Les villageois très alertes pour la suite des événements, ils savaient que lui et un autre moussebel de passage avaient tué.

    À la levée du jour, l'officier chargé de la salle besogne porta à la connaissance de la famille, la mort du moudjahid Si El Mouloud, et les informa que son responsable commandant de caserne reconnaissait sa bravoure militaire et souhaiterait qu'il soit inhumé dignement.

    À l'enterrement, le commandant improvisa sa présence entourée de garde-corps. Il se rapprocha du défunt chahid, ou il constata qu'un homme pleurait à chaudes larmes sur la tête en murmurant à son oreille des paroles inaudibles. Le commandant reconnaissait le frère de Si El Mouloud Si Arezki Nath Youcef et, il s'adressa à voix haute, lui disant ceci " Ton frère est un héros, il restera toujours vivant dans l'esprit des guerriers.

Que le sang versé par nos chouhada ne soit pas vain.

Guerre d'Algérie-Témoignage d'une fille de Chahid par Abdel Madjid

Lien Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=FQJDrFuBNik&feature=share

Mon commentaire sur la page Youtube

      Digne héritière de son valeureux père, cette femme sublime dans ses gestes et ses paroles entreprend à sa manière un hommage à un martyr (son père) du peuple algérien. Elle ouvre ainsi la voix salutaire de faire revenir à la postérité les péripéties héroïques de notre héros, Si El Mouloud.

       La fratrie n'était pas en reste, Mohand Ouyahia et Abdnour, chacun de son côté rendaient hommage à chaque occasion à si El Mouloud Nath Youcef, leur père. Allah yerhem chouhada.

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