Arezki

 

Mes soirées ramdanesques

  

Mes soirées ramdanesques meublées intensément par des discussions lancées spontanément, partant souvent d'un sujet traité la veille durait toute la veillée quand elle n'était pas interrompue par une partie de domino.
Un groupe de qualité intellectuelle indéniable aux connaissances diversifiées. De l'informatique a l'architecture avec une dose conséquente réservée à l'éducation.

Certains érudits du groupe débordaient fatalement sur les dernières inventions scientifiques, détails à l'appui. D'autres se versaient dans de longues palabres sur les dernières perceptions de la vie par des philosophes contemporains, ils ne rataient pas d'étayer leurs sujets  par des rappels historiques. La composante et la spécialité de chacun se reconnaissaient par des incursions sporadiques dans les profondeurs de leur job.

      Ainsi, Toufik contradicteur attitré faisait référence aux constructions d'ensemble de bâtiments sans accompagnement de structures indispensables à l'épanouissement des habitants.
     Hocine la tête pleine, éducateur titré, guettait un moment opportun pour s'accaparer du fil de la discussion et en faire un exposé non sans le réorienter vers son champ de prédilection que je ne relaterais pas aujourd'hui.
    Said faisant semblant de ne pas suivre le débat surprend son monde par ses interventions précises et convenants, car les sensibilités souvent à fleur de peau.
      L'autre acteur de ces débats, toujours à l'affût ne laissait rien passer de ce ne lui convenait pas. Vous le devinez j'en suis certain, c'était notre grand Hamid éternel bagarreur avec les produits de Microsoft qu'il maîtrise avec talent et bonne humeur.
      Mhemed habituait de la table, arrivait parmi les premiers, un bon café demandé sans tarder, préfère la santé et ses problèmes comme causerie entre amis, il étalait suffisamment son discours plein d'enseignements et d'utilisation immédiate. Comme les autres, il s'incruste de façon furtive dans les sujets de nos amis.     Quand Madjid nous traînait vers les évènements printaniers, il mettait tout son savoir sur les détails des conciliabules de nos précurseurs dans la lutte identitaire. Sa fonction d'éducateur nous montrait l'aisance de l'usage de la parole, descriptif, cognitif, il gagnait son auditoire facilement à sa cause.
L'autre guetteur, Prêt à bondir sur des lapsus commis par les intervenants notre ami Nacer bien armé par ses lectures de livres traitant de grands événements. Sa culture lui permettait d'intervenir à toutes les phases sur tous ses sujets débattus.
   Quand Kader, lettré et mathématicien, arrivait, c'était le personnage madré qui changeait souvent la matière à débat. Peut-être sa haute fonction dans le système de formation lui imposait les minima sur la hauteur du niveau. Ses interventions filtrées, convaincantes, mesurées rehaussait la qualité des échanges entre les présents.
      Le dernier qui se pointait était évidemment notre président Ferhat. D'un tempérament calme, il contribua de façon judicieuse à l'harmonie et la convivialité de l'ensemble. Sa manière pertinente de faire son entrée dans les palabres nous montrait plus une personnalité influente, pesant ses mots en joignant le geste à la parole. Bien sur, il faisait partie aussi de la classe d'intellectuels que l'Algérie avait produit.
      Je ne passerais pas sans citer notre cafetier Madjid pour sa pertinence sur certains sujets.
    La partie de dominos continue avec des remarques humoristiques quand la faute était supportable.