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EVASION


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 Lettre d’un vieux père à son fils !   

Si un jour tu me vois vieux, si je me salis quand je mange et que je ne réussis pas à m’habiller, sois compréhensif, souviens toi du temps que j’ai passé à t’apprendre.

Si quand je parle avec toi je répète toujours les mêmes choses, ne m’interromps pas, écoute moi, quand tu étais petit je devais te raconter chaque soir la même histoire avant que tu ne t’endormes.
Quand je ne veux pas me laver, ne me fais pas honte, souviens toi quand je devais te courir après en inventant mille excuses pour que tu ailles au bain.
Quand tu vois mon ignorance pour les nouvelles technologies, donne-moi le temps nécessaire et ne me regarde pas avec ce sourire ironique, j’ai eu tant de patience pour t’apprendre l’alphabet.
Quand par moment je n’arrive pas à me souvenir ou que je perds le fil de la conversation, donne-moi le temps nécessaire à retrouver la mémoire et si je n’y arrive pas ne t’énerve pas, la chose la plus importante n’est pas ce que je dis mais le besoin d’être avec toi et de t’avoir là à m’écouter.
Quand mes jambes fatiguées n’arrivent plus à tenir la cadence de tes pas, ne me considère pas comme un boulet, viens vers moi et offre-moi la force de tes bras comme je l’ai fait lorsque tu as fait tes premiers pas.
Quand je dis que j’aimerais être mort, ne te fâche pas, un jour tu comprendras ce qui me pousse à le dire. Essaie de comprendre qu’à mon âge on ne vit pas on survit.
Un jour tu découvriras que malgré mes erreurs je n’ai toujours voulu que le meilleur pour toi, que j’ai tenté de te préparer la route.
Donne-moi un peu de ton temps, donne-moi un peu de ta patience, donne-moi une épaule sur laquelle poser ma tête de la même façon que je l’ai fait pour toi."

Auteur inconnu

Réponse d’un fils à la lettre de son vieux père.

Inspiré d'une courte réflexion pendant une nuit d’insomnie, je me suis mis à relire de plus près cette missive émouvante. Quand on se sent concerné par ce défilement des années sans prendre la mesure de petits événements quotidiens que fait le fils à l'endroit de son vieux.

Mon envie dans l'immédiat et de lui répondre du tac au tac.

- Je comprends parfaitement tes gestes désordonnés, si je manque de compréhension c'est que tu avais mis plus de temps à me dresser qu'à m'éduquer, soit confiant père je ferais de sorte à ce qu’une transmission de bonnes manières soit constante entre les générations.

- Oui ! Oui ! Moi je sais que si tu répétais toujours les mêmes choses c'est que moi je ne saisissais pas le sens, le concept et surtout la profondeur de tes phrases qui revenaient même si la mémoire te faisait défaut.

- Eh bien ! pour le bain chacun son tour, je viendrais avec les lingettes que j'utilise pour mon fils pour la toilette si par malheur ma maman tarde à se faire une raison et un devoir parce qu'elle est aussi vieille.

- Oh là ! merci beaucoup vieux père, l'alphabet, la vraie, montée et remontée dans tous ses travers et cette discipline grammaticale c'est largement suffisant pour te comprendre et puis ce mot "technologies" effraie beaucoup, elles ne sont pas aussi compliquées qu'un greffage que pratiquaient sur nos arbres et une prévoyance météorologique sans instrument, quant à tes narrations moralistes et savantes, elles étaient dignes des grands de ce monde de la culture. Je dis tout ça pour les matériels et son fonctionnement, du moins pour ce que nous utilisons en tant citoyen lambda.

- La mémoire ! Il faut savoir que nous partageons ce mal "le prêt-à-porter mental via les moyens technologiques" tu sais on calcule plus, la calculette le fait pour nous. On est devenu amorphe à force de n'exploiter que le travail des autres. Je ne manquerais jamais à ces séances de ressourcements avec toi, d'ailleurs mon fils, ton petit-fils est très attentif à mes gestes et paroles, il saura reprendre le flambeau de cette culture familiale de solidarité entre les générations.

- Un boulet, tu ne le seras jamais, toi qui avais tout fait à ton père, tu le transportais à la place du village après l'avoir fait passe par la mosquée pour la prière. Tu me parles de ce que tu m'avais fait, comment je peux faire mieux ? Ton petit-fils me jugera.

- Non ! Père, ce non envers toi me pèse lourdement, une petite vision différente vient de surgir contre mon désir de ne pas te décevoir, pardonne- moi, assumons dignement une fin de vie d'un des nôtres dans la décence et la sérénité. 

Nous savons que le passage dans ce monde est bref, ne me dis pas, s'il te plaît, je veux mourir, pardonne- moi encore une fois, mon fils, ton petit-fils croirait à une maltraitante lui qui est un apprenant.

- Père, Je suis convaincu  que tu n’avais ménagé aucun effort pour me rendre heureux et apte à emprunter les meilleurs chemins par contre je ne suis pas apte à relever tes erreurs si erreurs il y avait.

- Je ferai tout mon possible moi et mes enfants pour te comprendre et être patient, je te donnerais mon épaule pour poser ta tête, sans regarder dans le rétroviseur. Père, tu n'es pas seul, Dieu le tout-puissant te protégera

- Mon père commence à sourire, fière de sa progéniture. 

Je crois n'avoir pas perdu mon temps en cette nuit d'insomnie du 11/03/2013 à écrire ce texte.

 

Auteur : Arezki Mensous

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