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EVASION

Hommage


Moudjahidin

 

   GLOIRE A NOS MARTYRS. HOMMAGE A SES DIGNES FILS.

Par Amar Azouaoui

Zone 3- wilaya 3

1 - LA WILAYA III

Limites territoriales de la Wilaya

         La wilaya III historique comprenait sommairement selon les données de nos jours: une partie de la wilaya administrative actuelle de Sétif, une partie de la wilaya administrative de M'sila, la wilaya administrative de Bordj-Bou-Arreridj, la wilaya actuelle administrative de Bejaia, la wilaya administrative de Bouira, la wilaya administrative de Tizi-Ouzou, et une partie de la wilaya administrative de Boumerdés. C'était la wilaya la plus peuplée, la plus montagneuse et la plus difficile d'accès, à travers le territoire national.
    Les limites assignées à la wilaya III étant naturelles : cours d'eau, routes nationales, chaînes de montagnes et lisières de forêts, afin de permettre une connaissance parfaite et une maîtrise efficace de la circonscription.
    Les grandes villes de la wilaya formaient des circonscriptions autonomes, et disposaient d'une organisation et d'un encadrement spécifique. Des cellules du Front de Libération Nationale et des groupes de fidayïns y activaient.

Carte topographique de la wilaya III
( découpage en zônes )



     Les responsables successifs - les chefs de Wilaya
et membres du comité

    Année - 1954 - 1955: Krim Belkacem était assisté de Mohammedi Saïd, Ouamrane Amar qui était détaché à la wilaya 4 (Alger) pour remplacer Rabah Bitat arrêté en 1955. Ali Mellah était détaché à son tour au Sud qui deviendra, par la suite une wilaya (wilaya 6).

     Année - 1956 - 1957: Mohammedi Saïd. Membres du comité: Amirouche, Yazourene Saïd, Kaci Hemaï, Zaïdat Ahmed.

Année - 1957 - 1958 : Colonel Amirouche. Membres du comité : Akli Mohand Oulhadj. En mission en Tunisie: les 3 autres éléments, Mira Abderahmane, Yazourene Saïd, Hemaï Kaci.

    Année - 1959: Colonel Amirouche - Mars, Colonel Akli Mohand Oulhadj. Membres du Comité: Mira Abderahmane (décédé en 1959), Si Ali Bennour (décédé en 1959), et Si Fadel H'mimi.

Année- 1960- 1961- 1962: Colonel Akli Mohand Oulhadj. Membres du comité de wilaya: Commandants, Si H'mimi, Mayouz Ahcéne, Slimani Moh Ouali, Seddiki Tayeb.

Les services de santé de la wilaya :



    Le service de santé, au niveau de la wilaya, était très important, Il avait constitué, l'axe privilégie, aussi bien, en formation qu'en organisation. Jusqu'en 1958, il était dirigé par le docteur Mohamed Boudaoud. De 1958 à 1959, il fut confié au docteur Benabid.

Les services des Houbous de la Wilaya :

     Le service des Houbous de wilaya, était dirigé de 1957 à 1959, par le Sous lieutenant Ahmed Kadri. Il fut remplacé durant les années 1960 – 61 et 62, jusqu'au cessez-le-feu, par Mechouet Saddek.

Les structures militaires lourdes :

     Un bataillon de wilaya: il était sous l'autorité directe du comité de wilaya: les compagnies étaient réparties entre les différentes zônes et régions. Ce bataillon était sous le commandement successif: de 1957 à 1958, de Si Moh Ouali, de Seddik Oumahfir, Aissa Boundaoui, Si Bariki, Si Lahlou, Si Mohamed et Si Amira Bouaouina.

     Le bataillon fut dissous en 1959, et scindé en petites unités, réparties à travers les secteurs, à partir de l'opération "Jumelles", sur instructions du colonel Si Mohamed Oulhadj, chef de Wilaya, pour contrecarrer les visées destructives de cette opération.

      La wilaya était découpée en quatre (4) zônes, en fonction des spécificités du relief, de la densité de la population et des possibilités de lutte.


4- La zone 3

Carte topographique de la zône 3

les limites territoriales de la zône 3

      La zône III comprenait: les limites administratives: des Dairates d'Azazga, d'Azzefoune, de Bouzguene, d'Iferhounéne, de Larbaa-N'Ath-Iraten, de Mekla, de Tizi-Ouzou, deTigzirt, de Makouda, de Ouaguenoun, Tizi-Rached, de Dra-Ben-khedda.

Les responsables successifs les chefs de la zône 3

-- Année 1955 - Saïd Yazourene

-- Année 1956 - Mohand Oulhadj Akli

-- Année 1957 - Abdellah Maghni

-- Année 1958 - Ahcène Mahyouz

-- Année 1959 - Abderahmane Oubouldouz

-- Année 1960 - Azouaou Amrane "Moustache"

-- Année 1961 - Si El Hocine Oumakhlouf

-- Année 1962 - Lamara Hamel

Chaque Zone est répartie en régions

La Zone III est répartie en 4 Régions :

Région 1 Fort National, Michelet et leurs environs.     Chef de rtégion, s /Lt Amar Ouabou etc ...

Région 2 Tizi-Ouzou et leurs environs………. Chefde région,S/Lt Lamali ahmed

Région 3 Tigzirt, Dellys et leurs environs……….. s /Lt Hammadi Mohand Said Dit Omar……..

Région 4 Azazga, yakouren et l eurs environ………..S /Lt Mohand OLukaci Ifigha…………………

Chaque Region est répartie en secteurs

Exemple : LE SECTEUR 4. REGION 4.
ZÔNE 3

Les limites territoriales du secteur 4

   Le secteur 4 comprenait: les limites actuelles des communes: de Beni Ziki, de Bouzguene, d'Idjeur et d'une partie de la commune d'Illoula.

Les responsables successifs
les chefs du secteur 4

- Année 1955- Chef de secteur: Moh Saïd ouyiken dit "Ami Moh". Comité de secteur : Moh Arezki Amokrane, Omar Boulma-Ouguechtoum, Saïd Ouchalam

- Année 1956 - Chef de secteur: Moh Saïd Ouyiken, dit "Ami Moh ". Comité de secteur: Moh Arezki Amokrane, Omar Boulma-ouguechtoum, Saïd Ouchalem

- Année 1957 - Chef de secteur: Hamadi Mohand Saïd, Ferrat Ouramdane. Comité de secteur: Ferrat Ouramdane, Rachedi Amar.

- Année 1958 - Chef de secteur: Ferrat Salah. Comité de secteur: Sadaoui Ferhat, Hatak Bachir, Bouda Mohand Saïd.

- Année 1959 - Chef de secteur: Hetak Bachir. Comité de secteur: Mohand Oubessai, Sadki Belkacem.

- Année 1960 - Chef de secteur: Mohand Améziane Amouchas. Comité de secteur: Rachedi Mohand Oulounis dit " Blanc Blanc", Arezki à Taourirt, Si Lahlou.

- Année 1961 - Chef de secteur: Mehenna Khodja, Bouaïssa, Rabah Raab, Comité de secteur: Arezki à Taourirt, Si Lahlou Houra.

- Année 1962 - Chef de secteur: Rabah Raab. Comité de secteur: Arezki à Taourit, Si Lahlou Houra.
Nota : La zone 3 a eu le privilège d'abriter les structures de la wilaya 3 depuis 1958 au cessez-le-feu de par la densité des forets et le et les moyens de camouflage qu'elle recèle.
Elle constitue une zône pilote de part le mouvement des troupes qu'elle occasionne de par la présence de ses structures - le PC de Wilaya, la boite, l'infirmerie et autres structures de prisonniers et de ravitaillement.

haut de page

Que le sang versé par nos chouhada ne soit pas vain.

Zone 3 (2eme partie)

Quelques unes des grandes actions
menées par l'ALN en Zone 3
-
Intégration des éléments « oiseau bleu »

L'opération, « oiseau bleu » , le contre maquis d'éléments Algériens de Robert La Coste, (composé principalement de militants de la cause nationale), initiés, armés et payés par les services Français, étaient détournés au profit de l'Armée de Libération Nationale grâce à la vigilance du comité de la zone 3 (future W..3), sous l'égide de Krim Belkacem.

A la fin du mois de septembre 1956, l'Armée de Libération Nationale à travers le congrès de la Soummam qui se tenait à Ifri, avait jugé qu'il y a le risque désormais de faire découvrir ces militants de la cause nationale (opérant sous l'étiquette de « l'oiseau bleu »), avait décidé de mettre un terme au complot et inviter ces militants à rejoindre l'Armée de Libération Nationale sur place en zone 3 dans l'immédiat.

- L'Aspirant Omar Toumi, élément faisant partie de cette opération (Tigz1-
irt- azzefoun), informé de ses dispositions, répliqua à ses responsables décideurs « qu'avant d'en découdre, il faut que j'en profite au maximum ».

Il prend le risque davantage de contacter l'officier français, afin de lui demander un complément d'armes pour mieux se défendre contre l'Armée de Libération Nationale. Il en recevra treize (13) et un pistolet automatique.

- A la suite de cette action et avant de clore définitivement le complot, Omar Toumi, chef d'un important groupe de militants de la cause nationale «oiseau bleu » à Tigzirt, donna également l'alerte à l'officier français stimulant l'attaque par l'Armée de Libération Nationale en tirant des coups de feu en l'air pour susciter son intervention. Avec l'ensemble de ses éléments, « oiseau bleu » et l'Armée de Libération Nationale, ils les attendaient sur la route, de pied ferme en embuscade, entre Agouni-Moumi et Iguer-N'salem.

Le convoi arriva rapidement, soit : huit (8) camions, un half-track et une jeep, ils firent feu sur eux. Le combat durera plusieurs heures. Un officier français était fait prisonnier, ainsi que des dizaines de soldats avaient été tués et blessés. Un Moudjahed était tombé au champ d'honneur.

Des représailles et des massacres ont eu lieu au village Iguer-N'salem, le village de Toumi Omar, il avait vu sa destruction totale et imminente.

Et c'était ainsi que le 30 septembre 1956, la décision était prise effectivement par le congrès de la Soummam et le commandement de la wilaya 3, de mettre fin à l'opération « oiseau bleu », séance tenante. L'ensemble des éléments de l'opération avait rejoint immédiatement les rangs de l'Armée de Libération Nationale, avec armes et bagages au lieu dit « Agouni-Oucherki » prés de Tigzirt, Tizi-Ouzou.

L'opération de Monsieur La Coste, qui devait anéantir les éléments du maquis sur l'ensemble de la wilaya 3, s'était retournée contre l'armée coloniale et la France, grâce au savoir faire du comité de Zone 3, l'exploitation courageuse de la tentative de frustration des maquis de l'Armée de Libération Nationale par la France coloniale.

Quelques jours plus tard, le 9 octobre 1956, l'armée Française ne comprenant pas la désertion subite de l'ensemble des éléments « oiseau bleu », s'affola, se lança à la poursuite de ces éléments, qu'elle avait repéré. Un ratissage regroupant des milliers d'hommes était déclenché à Tigzirt et les environs, entre Agouni-Ouzidhoudh, Agouni-Oucherki et la route menant vers Tizi-Ouzou.

De grands accrochages avaient eu lieu. Et, devant l'impossibilité de contrôler le secteur qui s'étend, sur plus de 20 kms, l'armée bombarde d'abord à partir de la mer, par des bâtiments de guerre, puis l'aviation et le napalm, brûlant tout, pendant plus de cinq (5) jours.

Les dégâts s'élevaient à 108 Chouhadas, 30 Moussebline et 25 blessés. Du coté de l'armée Française plusieurs centaines de morts et de nombreux blessés.

Les opérations tendant à déstabiliser la France et son armée, se généralisaient dans l'espace et dans le temps. Il aurait fallu que l'opération « oiseau bleu » orchestrée par l'encadrement de la zone 3 (future wilaya 3), qui avait permi la récupération de plus de 1200 armes et munitions et une importante somme d'argent, répartie à travers la plupart des wilayets ; pour que la France prenait conscience réellement de la gravité de la situation, fasse engager pleinement ses efforts, son armée et le processus de guerre à outrance.

L'armement de guerre sophistiqué, dont s'était dotée l'Armée de Libération Nationale à travers cette opération « oiseau bleu » et d'autres batailles (attentats, combats et embuscades), démontrait largement sa capacité devant l'ennemi qui prenait de plus en plus forme, d'où l'adhésion sans réserve à ses cotés d'une grande partie de la population, qui ne manquera pas de rejoindre progressivement les rangs de l'Organisation Civile et de l'Armée de Libération Nationale.

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- En 1956, une embuscade avait eu lieu à Thimerzougua (Fréha) Azazga contre un véhicule ennemi 4/4 par un groupe de vaillants Moudjahidine sous le commandement du lieutenant Slimani Si Moh Ouali dit « Chéri Bibi ». Si Ahmed Arab, Lounés Ouammar, Rafil Amar étaient présents. Le véhicule était venu du camp des Agribs, allant à Tala T'gana à 15 heures environ, ayant à son bord des goumiers.

Neuf Goumiers avaient été tués, les autres avaient pris la fuite, sept armes, deux fusils, et un fusil mitrailleur F/M BAR avait été récupérés. Aucune perte du coté de l'Armée de Libération Nationale n'était à déplorer

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Le congrès de la Soummam a eu lieu également à IFRI – limite territoriale (zone 2 et zone 3) – encadré pour sa sécurité par les deux zones

L'Armée de Libération Nationale avait désormais pris sa forme incontestable de lutte, de guérilla sans répit à travers tout le territoire national. Une rencontre à cet effet était de rigueur, qui devait préciser les tenants et les aboutissants de cette guerre ; concrétiser officiellement le scellement de l'unité nationale, qui s'imposait contre le colonialisme français.

Le congrès de la Soummam qui avait eu lieu le 20 août 1956 qui s'était tenu à Ifri-Ouzelaguéne (vallée de la Soummam) et venu faire le bilan et tracer désormais ses assises, celles de l'Algérie en guerre et de l'Algérie indépendante.

Ce lieu était incontestablement bien choisi pour le déroulement de ce consensus à caractère national. Il offrait toutes les conditions de sécurité nécessaires. Il était situé au centre Nord de l'Algérie, à quelques centaines de mètres du plateau de Chréa, limites de la commune actuelle de Bouzguéne et de la vallée de la Soummam, d'où elle prend naissance :

- A droite : la fameuse forêt d'Akfadou qui se prolonge jusqu'à la mer et Bedjaïa ;

- A gauche : la chaîne du Djurdjura, qui en passant par les fameux Beni-Ziki où Amirouche, Mohand Oulhadj et Si Abdellah d'Ibeskrin, disposaient une partie importante de leurs troupes, ira se jeter jusque dans la wilaya 4 à Alger.
Les deux plus grands espaces, montagneux et forestiers du centre de l'Algérie, zones de sécurité pour le replie éventuel, étaient à la portée des congressistes en cas de danger ou d'attaques surprise de l'armée française.

Les critères du choix donc, étaient basés sur le centre du pays et c'était l'un des points culminant du combat libérateur. La région la plus montagneuse et le plus haut point stratégique de combat éventuel.

Les principaux responsables qui étaient présents au congrès : Larbi Ben-M'hidi, président, (représentant la zone 5 - oranais), Abane Ramdane, secrétaire de séance, (représentant le F.L.N), Krim Belkacem (Représentant de la zone 3 - Kabylie), Ouamrane Amar (représentant la zone 4 - Algérois et la 6 (le Sahara - mandaté par Ali Mellal), Zighout Youcef (Représentant de la zone 2 - Constantinois). Etaient absents : l'extérieur et la (zone 1 - les Aurès).

Les éléments accompagnateurs : Bentobal, Benaouda, Kafi, Dehiles, Bougara, Mohammedi Saïd, Amirouche, Hemaï kaci etc.

La réunion débutera le 20 Aout (date désormais historique), malgré l'absence de certains éléments de l'extérieur et de la wilaya 1, et l'on s'attellera aux bilans avant de rentrer dans le vif du sujet..

A titre indicatif :

Le bilan était présenté successivement par les chefs de zones, notamment : les quantités d'armes récupérées auprès des populations, dans les attentats, durant les combats et embuscades ; le nombre de personnes enrôlées dans l'Armée et le Front de Libération National :

Zone 1 -( Aurés) : Absente

Zone 2 - (Constantinois) : Zighoud Youcef - (manque
le rapport)

Zone 3 - (Kabylie) : Présenté par Krim Belkacem


- Armement : - Fusils de guerre 404
- Mitraillettes 106
- Fusils Mitrailleurs … 8
- Fusils de chasse 4.425

- Caisse …… - 445 Millions de francs

- Militants : FLN 87.044
- Moussebline : 7.470
- Moudjahidine 3.100

Zone 4 - (Algérois) : Présenté par Amar Ouamrane

- Armement : ...... - Fusils de guerre 200
- fusils mitrailleurs 5
- Mitraillettes 80
- Pistolets 300
- fusils de chasse 1.500

- Caisse : …… - 200 Millions.

- Militants : FLN 4.000
- Moussebline : 2.000
- Moudjahidine : I.000

Zone 5 - (Oranais) : Présenté par Larbi-Ben-M'hidi

- Armement : …..- Mitraillettes 165 - 50 F.M
- Fusils de guerre 1400
- pistolets automatiques 100
- Fusils de chasse 1000

- Caisse : ………. - 35 Millions de francs, dont 25 à
L'extérieur (R.F).

- Moussebline : 1.000
- Moudjahidine : 1.500

Zone 6 - (Sahara) : Présenté par Ouamrane, Mellah étant absent – Nouvelle wilaya)

- Armement : …- Fusils de guerre 100
- Fusils mitrailleurs 1
- Pistolets 50
- Fusils de chasse 100

- Caisse :…… - 10 Millions de francs, versé à la
Wilaya 4.

- Moussebline 100
- Moudjahidine 200

Le congrès arrêtera les bases légales et les objectifs précis de la révolution. Mettra en place les structures de l'organisation de l'Armée de Libération Nationale et de son Organisation Civile, le Front de Libération National, qui ne laissera désormais planer aucun doute sur le caractère du non retour et de ses assises bien solides.

Après avoir défini les aspects politiques relatifs aux objectifs de la révolution, dans leurs teneurs, conformément à l'appel du déclenchement du 1er Novembre 54, le congrès précise :
- En politique : - la primauté de l'intérieur sur l'extérieur et du politique sur le militaire.

- Dans le domaine militaire : la réorganisation géographique du territoire national. Le nouveau découpage, qui était caractérisé par de nouvelles circonscriptions (les wilayets). La conception des structures militaires (les bataillons, les compagnies, sections etc.), les grades, l'encadrement et les services annexes.

L'Algérie était désormais structurée et découpée dans son organisation territoriale en six 6 wilayas (ex-zones), puis en zones, puis en régions et ensuite en secteurs. Des

L'ensemble des structures de l'Organisation Civile du Front de Libération National et de l'Armée de Libération Nationale avait été défini, quant à leurs prérogatives, leur encadrement, les moyens humains à mettre en place à chaque niveau.

Ces moyens humains seront désignés, et seront responsables devant l'autorité qui les aura placés à tous les niveaux de la hiérarchie, notamment la wilaya 6 nouvelle structure sous l'égide du colonel Ali Mellah.

La wilaya 3, de part l'organisation très avancée déjà de ses structures, fut le modèle aux assises du congrès qui avait clarifié tous les pourtours et approfondi la conception et ce dans tous les domaines.

La lutte s'accentuait davantage, tant qu'au niveau de l'Armée de Libération Nationale qu'au niveau de l'Organisation civile dans les villes, notamment la capitale (Alger), où des attentats se succédaient et où le mouvement politique intense des militants s'accroît très rapidement en faveur du Front de Libération National, impulsé énergiquement par Abane Ramdane et Larbi-Ben-M'Hidi.

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- Le 22 et 23 mars 1957, à Mekla Tizi-Ozou, suite à une réunion du conseil de la wilaya 3. À partir du 19 du même mois à Maaouya où étaient présents : le colonel Mohammedi Saïd, le commandant, Abderahmane Mira, le capitaine Kaci Ihedadhen et d'autres membres du conseil. Etaient également sur les lieux présents, de passage pour aller en Tunisie : Krim Belkacem et Benyoucef Ben-Khedda.

L'ennemi étant informé certainement de ce regroupement de cadres, et tôt le 22 au matin, il dépêcha plusieurs unités formant une force de plus de deux milles soldats, appuyée par des chars pour un ratissage de la région.

Le gros des Moudjahidine et Moussebline étaient stationnés à la Nahia de Larba-N'Ait-Iraten.

La bataille s'était engagée avec les forces coloniales, dans le secteur à Thassirte N'chiekh, par les Moussebline de la Nahia de Ain- El- Hammam, et d'autres unités de l'Armée de Libération Nationale à Iguoulfane, dès sept heures du matin.

Elle s'étalait et fait rage à travers tous les villages du douar Ath-Fraouçene, durant toute la journée. L'objectif recherché et de tenter d'encercler le lieu de la réunion. Les cadres de la wilaya avaient déjà quitté Maaouya en direction du village d'Ath-Khir Ain El Hammam.

Acharnés, ils tentèrent de les suivre et mettaient tous les moyens disponibles en renfort appuyés par l'aviation, canons lourds etc., pour encercler ces responsables, mais en vain.

Plus de cent quarante (140) Chouhadas sont tombés au champ d'honneur, entre Moudjahidine, Moussebline et civiles, dont le capitaine Kaci Ihedadhéne, chef de la zone 4.

L'ennemi avait perdu des dizaines de soldats entre les morts et blessés. Parmi eux des officiers et des sous-officiers.

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Le 7 Mai I957, une unité de Moudjahidine sous l'égide de Mekki Si Idir, s'était dirigée vers Ath Saïd Ouzgane (Larbaa- n'Ath-Iraten).

A l'aube vers 7 du matin un vieux militant qui était sorti pour inspecter les environs, s'était aperçu qu'une section de militaire français était sortie du centre de Thamazirt, pour arrêter des Moussebline qui auraient été dénoncés.

Le vieux, faisait demi-tour immédiatement et avait averti les Moudjahidine, qui prirent la décision de les attaquer.

Ils avaient abattu des gendarmes et un sénégalais et récupérés leurs armes. Un Moudjahed était tombé au champ d'honneur, d'autres blessés.

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- 28 Octobre 1958, à Akfadou : Un grand ratissage avec des milliers de soldats, appuyé d'une vingtaine d'avions divers, avait eu lieu sur l'ensemble de la forêt d'Akfadou : de Yakouren, à Ath-Idjeur, à Imaghdassen, à Adkar. Avaient pris part également des chars et l'artillerie lourde, installée dans des points stratégiques.

Le colonel Amirouche, qui s'y trouvait là, parmi plusieurs unités rassemblées, près de 1.700 Djoundis et de nombreux cadres, regroupés pour des nominations et répartitions à travers la wilaya 3, voyait venir le mouvement de l'armée français, probablement suite à la dénonciation.

Le colonel, répartit les unités en compagnie et sections à travers différents points stratégiques : au 11éme, aux Madrieths, à Thala Guizène, à Agoulmime Averkane, creusant des tranchées, pour se mettre en place et attendre, de pied ferme, l'approche de l'ennemi.

Au lever du jour, avant de s'enfoncer dans la forêt, l'armée française bombarda d'abord les lieux intensivement suivi ensuite de l'offensive militaire venant de toute part.

Le combat avait duré du lever du jour à la nuit tombante, les dégâts étaient très importants. L'aviation ne tarda pas à être paralysée, elle ne pouvait intervenir devant l'impossibilité de faire la distinction, entre les militaires de l'armée française et les éléments de l'Armée de Libération Nationale.

Le combat était sous le commandement d'Amirouche lui même, et du coté de l'armée française, par deux généraux et de nombreux colonels.

En fin de journée, déroutés par les techniques de la guérilla, les pertes s'élevaient à plusieurs dizaines de soldats français, tués ou blessés.

Le lendemain, après la bataille, le ratissage s'était prolongé vers Tifra, à partir de sept (7) heures du matin et à continuer toute la journée. Un renfort de l'aviation, canons et chiens étaient aussi de la partie.

Plusieurs autres dizaines de soldats, morts où blessés. Les cadavres étaient restés plus d'une semaine sur les lieux, l'armée ne pouvait pas s'y approcher et les enlever.

Quatre vingt six (86) Chouhadas étaient à déplorer du coté de l'Armée de Libération Nationale.

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L'Opération « Jumelles »
L'occupation du terrain par l'armée coloniale,
L'offensive

Le 22 juillet 1959, Les troupes de l'armée coloniale déferlaient directement sur les sites de combat, les forêts et les montagnes ou la présence de l'Armée de Libération Nationale avait été signalée notamment en zone 3 et notée, conformément au programme arrêté.

A titre d'exemple, des parachutages de troupes de la 27 éme division de parachutistes sur le sommet de l'Akfadou, puis vers Bejaia et Cap-Sigli et autres points à travers la wilaya 3, avaient été effectués dés le 22 juillet. Tous les points stratégiques étaient envahis de troupes par hélicoptères et étaient immédiatement entrées en action, notamment sur les hauteurs de Thamgout, zone 3 du Djurdjura, de Bouira, de la vallée de la Soummam, etc.

Des Avions du type H.21.C « Bananes » de transport atterrissaient et décollaient sans cesse. Des chars, des auto-blindés, des camions et jeeps circulaient dans tous les sens. Tout paraissait parfaitement, rodé et bien huiler.

Toutes les routes de la wilaya également, étaient submergées de colonnes de convois militaires, jeep, half-track, G.M.C, chars et canons et dans toutes les directions.

Des navires de guerre, au large des côtes pilonnaient, la forêt de Bounamane, de l'Akfadou jusqu'à Kerrata et Djidjel etc. Débarquaient des troupes de la marine « des dragon verts », de Dellys vers Mizrana, Azzefoun vers Bounamane, jusqu'à Cap-Sigli vers Tychi et Kerrata etc.

N'étaient épargnés aucune région ou périmètre pouvant permettre le repli éventuel. Toutes les crêtes étaient occupées par des troupes héliportées et étaient entrées en action, d'autres en réserve, sur les crêtes, prêtes à intervenir.

Les premiers à se heurter à cette horde sauvage c'étaient les civils, aux abords des monts et forets où ils tiraient dans le tas, sans sommation, puis les Moussebline qui vendaient chèrement leur peau.

Il restait à ces vaillantes troupes de l'Armée de Libération Nationale, chacune dans sa position de lutter énergiquement et de tenir au mieux en attendant d'éventuels instructions qui ne s'auraient tarder, quant à la façon de lutter pour contrecarrer ce déluge.

Des initiatives personnelles, pourraient porter préjudice à l'Armée de Libération Nationale, hormis le cas de légitime défense. Les initiatives devront être murement réfléchies.

Les mesures d'urgences prises pour
Contrecarrer l'opération par L'A.L.N

Le comité et le chef de la Wilaya 3, pris de vitesse, et après étude de la situation et délibération du conseil de wilaya 3.

- Confirma et ordonna la dissolution de toutes les grandes unités (bataillons, compagnies et sections) et leurs répartitions en petits groupes commandos : à répartir dans les secteurs pour contrecarrer les visées destructrices de la grande offensive. Les regroupements en petites unités de combat se feront en cas de besoins dûment justifiés.

- De scinder les effectifs de l'ensemble des structures des Postes de Commandement de la wilaya, des zones et des régions, avec consignes de se rapprocher des agglomérations par groupes de trois à quatre et d'y tenter de se réfugier.

- D'éviter le stationnement des Djounouds prolongé regroupés, dans les Postes de Commandement en zones interdites, ou autres.

- D'éviter des attroupements, inutiles, éviter les heurts par tactique au cours de déplacements, avec les forces ennemies. En cas d'accrochages forcés, décrocher, ne pas gaspiller de munitions, et se replier le plus rapidement possible.

- D'éviter de circuler en plein jour, de préférence de circuler à la tombée de la nuit, à deux ou trois, sauf pour mission spécifique et de veiller à effacer ses propres traces, notamment en zones interdites.

- D'enrôler tous les Moussebline dans leurs différents secteurs, pour servir de guides, à l'Armée de Libération Nationale et les soustraire aux villages et aux populations qui doivent être strictement soumises aux contrôles de l'ennemi.

- Les remplacer dans leurs activités, par des femmes, qui passeraient plus inaperçues, dans le domaine des liaisons, de renseignements et de ravitaillement. Les initiées à ces taches pour qu'elles puissent prendre rapidement la relève et s'adapter à la circonstance.

Le rouleau compresseur de l'opération
« Jumelles » en action

Ces diverses instructions parvenaient aux compagnies et autres structures tant bien que mal, les agents de liaisons étaient pour la plupart les premiers visés, pris en chasse, ils tombèrent très vite dans des embuscades. En quelques jours, des centaines étaient tombées au champ d'honneur.

Dans les forêts et attenants, les unités de l'Armée de Libération Nationale accrochaient l'ennemi. Les dégâts furent très importants. Les Djounouds se donnèrent le mot d'ordre « vendre chèrement sa peau et lutter courageusement jusqu'à la dernière cartouche ». C'était des carnages à chacun des accrochages que l'armée française n'est pas prête d'oublier. Les pertes laissées à chaque fois sur les lieux de combat étaient souvent importantes, mais l'ennemi en laissait trois ou quatre fois plus.

Les jeunes appelés de l'armée française, qui se heurtaient pour la première fois à la guérilla, payaient chèrement de leur vie ce lourd tribu.

Des hélicoptères ramassaient sans cesse des morts et des blessés et faisaient accroître le sentiment de déluge. Le napalm noircit et brûle toutes les crêtes et le feu se propageait dans la nature, au gré des vents, les flammes animées par une saison propice, le mois de juillet. Des corps calcinés et raides gisaient sous les cendres et les flammes, que l'on ne peut identifier, que l'on ne peut que confondre, avec des troncs d'arbres ayant la même apparence.

Les déplacements et contacts devenaient de plus en plus difficiles. Tous les monts, vallées, buissons et les forêts, étaient ratissés par l'armée coloniale, et de partout les accrochages s'enflammaient, les armes crépitaient et les batailles prenaient de l'ampleur.
Tous les espaces des montagnes et forêts étaient dans leurs totalités programmés à la fouille minutieuse pouce par pouce. Pour échapper à leur passage, il faut se situer parmi eux et être dans un périmètre déjà en ratissage, derrière les troupes de l'armée et les suivre à distance raisonnable, sur le même itinéraire. Ils ne laisseront aucun endroit ou l'on pourra se camoufler.

Au fur et à mesure qu'ils identifiaient des éléments de l'Armée de Libération Nationale, des assauts aéroportés basés sur la surprise, la vitesse et la flexibilité étaient engagés et immédiatement entraient en action. Un va et vient des bombardiers d'appui, B.26 et T.6, auparavant pour nettoyer le terrain, avant le largage des troupes et pratiquement indispensable dans tous les cas.

Plusieurs vagues d'assauts aéroportés étaient effectuées, simultanément, jusqu'à ce que les éléments de l'Armée de Libération Nationale disparaissaient dans la nature et souvent, ils continuaient leur vacarme bien au-delà. Ce vacarme, va durer pendant des mois, des milliers d'heures de vol chaque jour, seront effectuées.

Ces images étaient identiques partout sur l'espace du territoire de la wilaya 3, particulièrement sur les monts et forets où le déluge bat son plein.

Des chiens dressés de troupes, ne permettaient même pas de s'éclipser dans un buisson, en tant qu'individu, se camoufler en attendant leur passage. Des agents de liaison en voulons absolument éviter l'accrochage, avaient péri de cette façon là, après de violents accrochages.

Des compagnies, qui eurent la chance de recevoir l'ordre de se disperser, avaient évité le grand combat et se sont finalement accroché dans la dispersion et avaient eu moins de pertes.

Les Postes de commandements étaient vite découverts, des combats acharnés les avaient parfois violemment opposés aux occupants qui tenaient à marquer de leurs empreintes leur présence effective sur les lieux. Certains étaient déjà vides et brûlés purement et simplement.

Les caches, de ravitaillement, et de matériels divers et mêmes celles abritant l'armement lourd stocké par manque de munitions avaient été découverts dans les environs immédiats des P.C. L'armée coloniale était alors excitée et s'acharnait davantage sur ce genre de découverte.

Des infirmeries avaient été assiégées et avaient subits des massacres. Les malades, les infirmiers et autres occupants avaient été tués, par balles, grenades ou par gaz lacrymogène, d'autres faits prisonniers. Certains avaient été abattus sur le champ, d'autres transférés après les tortures d'usage vers les prisons.

Les troupes héliportées, continuellement, sillonnaient les cieux et tentaient d'encercler les Djounouds pris en chasse un peu partout, afin de les forcer à se regrouper et à engager la bataille, conformément aux orientations générales.

Dans les montagnes, la chasse aux grottes était devenue systématique, par les chasseurs Alpins. Un très grand nombre fut découvert, les occupants avaient courageusement résistés. La plupart avaient été abattus ou fait prisonniers. Certaines grottes avaient été donnéeset visées en connaissance de cause, elles étaient directement assiégées tôt le matin.

Mêmes les grottes situées aux sommets des montagnes pratiquement inaccessibles n'étaient pas épargnées. Pour certaines grottes l'armée avait dû faire recours aux moyens spécifiques, tel que le Gaz asphyxiant, (interdits par les conventions internationales). D'autres étaient carrément cimentées pour en faire les tombes des occupants.

Les lieux de stationnement des troupes de réserves et commandos d'intervention à (Akbou, Aghribs, Bedjaïa, Michelet etc.), pour la seule région Ouest, étaient en parfaite ébullition pendant des mois. De même que l'annexe de l'Akfadou du Poste de Commandement « Artois » ou des hélicoptères faisaient la navette sans arrêt.

Les pertes en hommes se multipliaient
partout à travers les batailles

Les morts de parts et d'autres se multipliaient par centaines, puis par milliers. À travers d'innombrables accrochages, embuscades et actions qui ne se compter plus, et les génocides sur tout le territoire de la zone 3 et de toute la wilaya. Partout c'était l'horreur, c'était, le déluge, le massacre inédit en wilaya 3.

Il reflétait brièvement la réalité du terrain et c'était un cri d'alerte au génocide de tout un peuple qu'il avait lancé au Gouvernement Provisoire.

Donnant la chasse à des petits groupes de Moudjahidine, avec des moyens modernes, mais des sacrifices humains considérables, l'armée française doucement, mais sûrement, était arrivée à éliminer d'importants effectifs mais n'arrivait pas à anéantir l'Armée de Libération Nationale, conformément a la stratégie des généraux et aux vœux de De Gaulle. Le commandement de wilaya 3, grâce à sa sagesse et sa stratégie avait su les contrecarré et briser dans leur élan.

Les Moudjahidine qui continuaient à être par tactique sous abri toute la journée, au coucher du soleil, ils s'empressent de vaquer à leurs occupations, sachant pertinemment que les risques de se heurter à l'ennemi étaient de l'ordre de 80 %. Mais ils s'y attelaient avec courage et la détermination de vaincre ou de mourir.

Les tirs d'armes automatiques, à toute heure, se succédaient et donnaient l'impression que les Moudjahidine en général étaient partout en prise avec l'ennemi. Effectivement, partout mais également nulle part. Peu de Moudjahidine, mais dispersés dans la nature, qui accrochaient pour engager des forces importantes de l'ennemi, et immédiatement se replier, séance tenante.

Les Postes de Commandements avaient été
disloqués par stratégie

Les Postes de Commandements de wilaya, de zones, de régions, de secteurs, s'étaient retirés pour la plus part des forêts et des montagnes. Ils s'étaient disloqués, certains, avaient été vite découverts et brûlés, d'autres, par mesure de sécurité, s'étaient déplacés vers les agglomérations ou des abris de fortunes.

C'était le cas, du Poste de Commandement de wilaya et de zone, qui s'était retiré et qui avait vu ses effectifs rapidement dispersés .

Les commandants et capitaines, membres du comité de wilaya qui avaient rejoints les zones, étaient confrontés eux aussi au déluge de l'opération. Sur place, ils tentaient d'organiser la riposte et la survie de l'Armée de Libération Nationale à tous les niveaux, jusqu'aux secteurs, selon le même schéma et les instructions données, qui se précisaient de plus en plus. Etre là où on ne vous cherche pas, disaient les responsables de l'A.L.N. Bien sûr, le seul endroit, était a priori, le plus prés possible du poste militaire et des environs immédiats du village.

C'était à ce moment là, que nous perdîmes l'un après l'autre ces valeureux officiers supérieurs, laissant le colonel Si Mohand Oulhadj pratiquement seul aux commandes fasse à l'ennemi et à l'opération « Jumelles » et ses diverses intrigues.

Plusieurs officiers supérieurs de la zone 3 sont tombés.
au champ d'honneur durant L'opération « jumelles »

- Le capitaine Maghni Mohand Salah « dit Si Abdellah Ibeskrien, chef de la zone 3, était tombé dans une embuscade à Ait-Djenad, prés d'Azazga Zone 3, le 22 Aout 1959. Il était estimé de tous et laissa un grand vide à ses compagnons (Dieu ait son âme).

- Le Capitaine Si Ahmed Azouaou dit « Moustache » qui tomba sous les balles de l'ennemi lors d'un accrochage à Chaoufa, prés de Mekla (Dieu ai son âme).

- Le Capitaine Si El-Houcine d'Ighil-Imoula, en se rendant également vers le Poste de Commandement de wilaya. Il tomba au champ d'honneur dans un accrochage à Tazazriath entre Fréha et Mekla (Dieu ai son âme).

- Le capitaine Si Mohand Said Ouzzefoun était convoqué au PC de wilaya par le colonel Si Mohand Oulhadj. Ses intentions, il ne les avait pas cachées, il devait le confirmer au grade de commandant, membre du comité de wilaya.

Il venait de la zone 2, accompagné de deux éléments de retour de Tunisie, Hamou Ath-Melikech et Babou, aux fins de recevoir leurs affectations. Arrivés au secteur 4, ils furent confiés à deux éléments du commando, Ouramdane Maouche et Idir Ouazzar, pour les escorter vers le secteur 3, pour être dirigés au poste de commandement de wilaya. A hauteur d'Ighil-Boukiassa vers Moknéa, à la limite des secteurs 4 et 3, une embuscade avait été tendue par l'ennemi et le groupe fut pris au piège. Le capitaine Si Moh Said Ouzzefoun , était le premier à ouvrir le feu avec sa carabine US , et immédiatement , le tireur ennemi du fusil mitrailleur 24/29, orienta le tir dans sa direction : il succomba sur le champ. Son escorte Si Larbi, alors qu'il ripostait vigoureusement, fut fauchée par une rafale de Mitrailleuse. Il fut gravement blessé à la jambe et capturé par la suite. Ouramdane et Idir qui étaient trop prêt n'ont pu se replier que grâce à Hamou et son compère qui arrosaient par rafale sans cesse l'ennemi et à une grenade lancée par Ouramdane pour couvrir leur retrait.

Quelques instants plus tard, le même groupe ennemi accrocha également avec le groupe local du secteur 3. L'ennemi affluait de tous les postes environnants et ce fut l'enfer : il y'a eu la perte d'autres Djounouds (que dieu ait leurs âmes).

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Ils étaient nombreux les Martyrs pour en faire le récit. Sept mille cinq cent (7.5OO) Chahids étaient morts dans cette opération uniquement à travers toute la wilaya 3. La plus part sont tombés en zone 3/4 ( Akfadou, Bounamane, Djurdjura ) où sévissait particulièrement « jumelles ».

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Quelques actions armées durant jumelles

- A Tizi-Neslib, le mois de juillet 1959, au début de l'opération « jumelles ». Un important accrochage avait eu lieu entre l'ennemi et nos éléments sous l'égide de Flic Allaoua. Le combat avait duré toute la journée.

Les pertes de l'ennemi s'élevaient à plus d'une centaine de soldats tués ou blessés, selon la presse française. Deux hélicoptères et un avion T.6 abattus, des armes légères, des bombes et du matériel récupérés.

Les pertes de l'Armée de Libération Nationale s'élevaient à cinquante sept (57) Chahids dont vingt trois (23) Moussebline, un médecin fait prisonnier.

- Le 24 juillet 1959 à Iferhounéne (Aïn-El-Hammam), une bataille avait eu lieu au djebel Boufarés, à trois kilomètres du Poste de Commandement « Artois » du général Challe. Plus de 80 Moudjahidine et Moussebline étaient pris dans un ratissage de plus d'un millier de soldats et de plusieurs avions, ratissage qui avait duré toute la journée.

Quant aux pertes ennemies plusieurs évacuations avaient été effectuées. Trente huit (38) Chouhadas étaient dénombrés

- En 1959 à Ihnouchéne, un ratissage portant sur plus d'un millier d'hommes, de la marine et de l'armée de terre appuyés d'une quarantaine (40) d'avion avait eu lieu dés 5 heure du matin, avec plus de 300 Moudjahidine La bataille a durée deux jours.

Le combat faisait rage jour et nuit et le napalm était déversé sur plusieurs kilomètres par des escadrilles d'avion sans arrêt. Les pertes étaient très importantes des deux cotés.

- A Fréha Thachibount, le 28 octobre 1959, un accrochage avait eu lieu entre les forces de l'ennemi et des éléments de l'Armée de Libération Nationale.

Les éléments de Armée de Libération Nationale se repliaient et s'embusquer plus loin, pour la 2 éme fois, ils avaient tués et blessés plusieurs dizaines de soldats. La bataille avait durée toute la journée.

Les pertes de l'Armée de Libération Nationale s'élevaient à vingt sept (27) Chouhadas, cinq (5) blessés et quatre faits prisonniers.

- En juin, 1960, à Ait-Aissi (Yakouren), des Moussebilate en relation avec des appelés Algériens et le groupe de Moudjahiddine avaient élaboré un plan d'enlèvement du poste de ce village.

Une compagnie sous l'égide de Hend Oubelkacem, Ali Boulkhou, Chemam Lounès, Si Arezki Malgache, avec la complicité des deux appelés Algérien (Slimane et Yasmine), s'étaient introduit dans le poste, après avoir coupé le téléphone de liaison avec le poste militaire voisin.

Ils avaient abattu treize (13) soldats et récupéré vingt (20) fusils, dont un (1) fusil Mitrailleur ;

En conclusion,

Quelques actions seulement, ayant porté un préjudice important certain à l'armée étaient citées ci-dessus. Les pertes si elles sont très importantes pour l'armée de Libération Nationale et notamment les civils, elles sont effarantes pour les jeunes de l'armée française, sans expérience, aucune, de la guérilla.

Si l'on se référer aux écrits des médiats et témoignages de certains militaires et politiciens particulièrement français, on ce croirait encore, dans ces événements d'Algérie. Par la suite, certes c'était une guerre reconnue, mais seulement à sens unique, où l'armée française sur le terrain tentait, d'apaiser les esprits, de stabiliser quelque peu la situation.

L'on ne veut pas toujours admettre, qu'il s'agissait d'une pleine guerre, insurrectionnelle, ou la France et son armée avaient déployé tous les efforts et engagé tout les moyens, pour venir à bout d'une Armée Nationale de Libération et de tout un peuple, structurer et organiser sous toutes ses formes et qu'elle éprouvait d'immenses difficultés sur le terrain.

C'était une guerre bien ouverte et à outrance, où la France avait certes, un avantage peu commun : la manipulation, le massacre de tous un peuple et le plein pouvoir d'en disposer, qui s'étaient soldé par un nombre fulgurant de Chouhadas.

L'Armée de Libération Nationale n'a pas besoin d'éloge de qui que ce soit, quant aux résultats de la guerre. Le butin politique est là, et ne prête à aucune équivoque, quoique que l'on fasse aujourd'hui, (l'indépendance Nationale est acquise). Le butin militaire est aussi éloquent, il est le reflet et va de paire avec l'aspect politique. Quoique que l'on dise ; jamais une armée de Libération, dans le monde entier, n'avait à son actif plus de 80% de tout son armement pris à l'ennemi au cours du combat.

Cet armement est là, visiblement attirant, ne serait-ce que sur les photos de nos vaillants Moudjahidine. Il avait envahi l'Algérie, l'Etat et ses structures. A travers cet armement, c'est l'image de la faiblesse de l'armée française, et de celui de son combat, qui continue de frapper les mémoires des plus jeunes, cinquante (50) ans après. Une image d'une armée qui n'a pas su conserver sa propre logistique. Il n'est pas utile de se poser des questions sur le nombre de jeunes français ayant perdus la vie dans ce combat qui était voué à l'échec.

Cet armement pris essentiellement sur le « goudron », dans les embuscades et attentats, reflétait aisément la situation qui s'impliquait en perte de vies humaines de l'ennemi.

Point de spéculation, c'était l'échec de la France. C'était, certes, un impressionnant dispositif, mais sans âme et sans résultats sur la guerre et son développement. La grande opération telle que « Jumelles », qui tirait vers le Diên Biên Phu en Kabylie, était l'engagement extrême, le déluge. Le peuple était engagé à vaincre ou mourir. La fin a justifié les moyens.

Par Amar Azouaoui

Que le sang versé par nos chouhada ne soit pas vain.

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