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A mon enfance débridée

      

Si j'ai décidé à t'écrire c'est parce que je viens seulement de me rendre compte que le temps qui est précieux et que tu devras utiliser à bon escient n'avait pas été pris en charge de façon parcimonieuse

     Cher jeune homme, c'est vrai tu étais élevé dans des moments de misère par tes grands-parents. Dieu ne t'avait pas lésé sur ce plan-là, ils t'avaient bien pris en charge, enfin ils avaient fait tous ceux qui leur été possible pour te rendre heureux. 
Ils t'aimaient beaucoup, mais tu n'avais jamais fait attention à cette tendresse par un petit retour d'ascenseur si petit soi-il, tu ne pensais qu'à jouer avec tes camarades, d'ailleurs tu ne rentrais à la maison qu'à l'appel de ta grand-mère soucieuse de ton bien-être.
    Je peux te pardonner ce manquement à tes chérissables, mais delà à se fracturer et ne pas se soigner, tu m'avais laissé des séquelles que je traîne à mon âge, en plus des polyarthrites qui se greffaient autour.
    Si j'ai décidé à t'écrire c'est parce que je viens seulement de me rendre compte que le temps qui est précieux et que tu devras utiliser à bon escient n'avait pas été pris en charge de façon parcimonieuse, le jeu et le vagabondage avaient la part du lion dans ton passe-temps journalier.
    Par ta faute et toutes tes habitudes nonchalantes même désintéressées font que ma situation actuelle me laisse perplexe. Si tu avais fait un peu d'attention aux différentes opportunités qui s'étaient présentées à toi dans le domaine de l'apprentissage, pendant ta scolarité, tes multiples stages de formation, les conseils que tu recevais des sages du village.     J'aurai été un citoyen modèle, en bonne santé, un esprit plus ouvert sur le savoir, un comportement enviable, exemplaire, une sociabilité d'abeilles.
Tu ne savais peut-être pas que le temps comme la vie ne ménage pas l'être humain, ils me rendaient l'existence pénible aussi tu aurais dû penser à tes jours de vieillesse où tous tes organes usés ne répondraient plus à tes sollicitations de plus en plus insistantes.
    Mon cher petit, maintenant que je transpire ta sueur, que ta carcasse est devenue mienne tu commences à regretter quand ça t'arrive à remémorer un vécu que j'ai pris de toi comme butin par héritage. Je trimbale comme un boulet tous tes manquements à l'obligation naturelle de développement de l'individu depuis ta naissance.
    Je te reconnais comme bien même avec retenue des années scolaires studieuses, la première place était réservée pour toi quand un autre camarade de classe aussi studieux ne prenait l'assaut, cela ne lui arrivait que rarement. Je ne veux pas ici, ne tenir compte que des errements, art de l'adolescence, tu avais été un sportif envié presque toujours premier dans les courses organisées à Agnibada.
    J'aurai bien voulu détailler des pans entiers de notre aventure humaine, le temps et la mémoire me jouaient la défaillance, mais toi qui avais été un enfant tout neuf, tu aurais dû marquer ton passage où chaque rôle avait son importance. Non ! tu ne faisais que jouer, alors danse maintenant dixit" la fourmi ".
    Tiens ! ce jour d'hiver, tu avais très froid face à tes camarades bien camouflés dans des burnous tissés par leur mère, tu faisais semblant de n'y rien sentir, trahissant de tes lèvres changeantes de couleurs et tremblantes. Tu vois on ne peut rien caché à la nature, elle nous a faits et nous suis tous les jours que Dieu fait. Il n'y avait pas que le froid, le plus pesant c'était le ventre creux et quand il y avait quelques choses à avaler la qualité nutritive n'y était pas alors on laissait la circonstance décider de ce qu'elle devait de toi.
    Tu vois je commence à peine à voir plus clair parce que en écrivant ces mots je les revivais et je tremble de peur d'être pire que toi de rater encore plus la vieillesse. Ne t’inquiète pas pour le moment je n'ai pas à me plaindre je coule normalement mes vieux jours, la preuve, j'ai encore les moyens de m'adresser à toi.
    Autres petites histoires rencontrées au gré du hasard , je n’en parlerai pas de crainte de créer en moi un complexe sous forme de boulet que je ne voudrais pas traîner pour le peu de vie décente qui me reste.
     La dernière je la raconterai, d’abord, elle avait porté haut sur la construction de ma personnalité ensuite elle est restée un point de convergence quand le cœur et la raison étaient en dispute.
     Un jour tu avais tardé à rentrer à la maison ta bien-aimée grand-mère te guettait devant le seuil de la porte mettant en alerte maximum les yeux et les oreilles, elle était très inquiète.
Pendant ce le crépuscule noyait dans le noir le sentier menant au logis, seul l’horizon Ouest clignoté d’un faible aperçu lumineux. Le sentier serrait d’un côté par les ronces et de l’autre par une ligne de figue barbarie bien entretenue par son propriétaire.
     Tu longeais l’aller côté ronce, un olivier avec un gros tronc te barrait presque la route et t’obligea une halte non souhaitée, un sentiment d'inquiétude te remontait à la tête et miracle de mauvais augure des silhouettes d’hommes assez haineux s’alignaient sur le rang des figues barbarie, à l’observation minutieuse, ils devenaient des sorcières.
Face ce dilemme, le choix était difficile :
- soit crier au secours et les villageois viendront le libérer
- Soit faire appel ton instinct d’homme face à toutes les situations, il faut affronter.La première d’une facilité déconcertante , un cri fort et le problème est résolu, mais la honte et les " qu’on dira-t on " te planquera toute ta vie de peureux, elle pourra survivre après ta mort s’il s'avérerait une fausse alerte.
      Tu m’as laissé un héritage de fermeté par ta position courageuse d’aller au fer.
C’était en avançant de tes pas tremblants que tu avais découvert que l'inquiétude qui te remontait se transforma en peur et accoucha d’une hallucination.
Le cap franchi tu atterrissais joyeusement dans les bras de ta mémé.
    Considère mon cher, mon pardon comme un acquit à la condition que tes enfants et petits-enfants corrigeraient leur trajectoire vers les meilleurs chemins que toute personne souhaiterait avoir dans leur futur.
    J'ai voulu écrire à mon enfance dans l'espoir de me soustraire à certains questionnements, - pourquoi je suis comme ci et non pas comme ça ? et pourquoi n'avais-je pas eu un esprit plus éclairé, une grande ardeur au travail et cumul de bien que beaucoup envieront ? non rien de tout ça, seulement une vie digne. Aucune intention de mêler ici les arguments scientifiques, je n'en suis pas détendeur. 
   Je sais maintenant avec certitude qu'on s'adressant à toi mon enfance, je n'espérais pas une satisfaction sur le parcours de ces deux en un. Cet exercice peut même mener à la déception.
    Il en reste tout de même une petite lumière positive, celle du remplissage de cette page que vous êtes en train de lire.

   

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